Fosses-Sambreville: trois employés en chômage Covid... et au boulot

Une employée de ces sociétés télécoms affirme avoir été menacée d’être licenciée si elle ne travaillait pas.

JVE
 Les dossiers fraude au chômage Covid sont nombreux. Ce patron de magasins télécoms y a vu l’opportunité de financer les salaires par les allocations.
Les dossiers fraude au chômage Covid sont nombreux. Ce patron de magasins télécoms y a vu l’opportunité de financer les salaires par les allocations. ©ipopba – stock.adobe.com

Trois travailleurs, deux sociétés actives dans les télécoms à travers trois magasins situés à Fosses et Sambreville et le gérant de celles-ci étaient cités ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Namur. On leur reproche d’avoir réalisé des déclarations inexactes afin de bénéficier d’avantages sociaux, entre le 12 mai 2020 et le 30 juin 2021. En clair? Les trois employés étaient au travail dans les magasins alors qu’ils bénéficiaient en même temps du chômage Covid. Ils n’ont cependant pas été rémunérés par leur patron durant cette période.

Le gérant conteste le début de la période infractionnelle et confie: " Je suis gêné de me retrouver ici. Je reconnais l’avoir fait. Mais nous sommes passés de 30000 à 50000 euros de chiffre d’affaires par mois à… rien du tout. On n’a pas eu le choix. "

La seule des employées présente explique. " L’ONEM me réclame ce que j’ai touché durant cette période, soit 1200 euros par mois. Mon patron a menacé de me licencier pour faute grave si je ne venais pas travailler tout en étant au chômage temporaire. J’avais un loyer et des charges, je n’ai pas eu le choix. "

Jérôme Deumer, pour l’auditorat du travail, explique que l’enquête a débuté en 2021 suite à des suspicions de fraude au chômage temporaire Corona. " L’employée a été observée au travail le 29 avril, le 21 mai et le 2 juin. Ce jour-là, elle a déclaré qu’elle n’avait recommencé à travailler que depuis un jour. Le gérant a fait financer les salaires de ses employés par les allocations de chômage. "

Une peine de 6 mois de sursis et une amende de 24000 euros sont requises contre le prévenu. Les mêmes amendes sont requises contre chacune des sociétés.

L’auditeur du travail ne s’oppose pas à la suspension simple du prononcé de la condamnation pour l’employée qui s’est présentée à l’audience. 4800 euros d’amende sont requis pour les deux autres travailleurs

Le conseil du gérant conteste la période infractionnelle. Il estime que si des employés ont été observés au travail à 3 reprises, ils n’y étaient pas forcément tout au long de la période infractionnelle, à savoir l’année écoulée. La suspension du prononcé est plaidée.

Jugement le 14 septembre.