Dans un silence religieux

Ils sont six, pas un de plus, gantés de caoutchouc, certains masqués. Le reste de l’assistance est tenu à distance. Des précautions indispensables pour éviter tout risque de contamination par l’ADN d’autres personnes.

B.W.

Le silence se fait quasi religieux lorsque deux intervenants sortent le sarcophage de bois de la chapelle, dans la nef droite. Il est acheminé dans le chœur où est dressée une table, recouverte de draps, telle une table d’opération. Un reliquaire de bois recouvert de métal en est extrait. Un à un, les clous sont descellés, le couvercle ôté. L’anthropologue de l’Institut des sciences naturelles, Caroline Polet, peut entrer en scène. Elle retire deux documents reprenant l’inventaire et attestant la dernière ouverture, en 1971. Puis, précautionneusement, elle enlève un drap noir cacheté: il contient les ossements. Un à un, elle les identifie: le crâne, avec six dents; deux humérus, un autre os du bras. Ensuite, un tibia, deux péronés dont un avec une trace de fracture, un os du talon, une vertèbre cervicale et de plus petits os, un métacarpien et divers os de la main et du poignet ainsi qu’une phalange du gros orteil. Un tibia qui se trouve dans un cadre telle une relique, est aussi présenté. Il semble correspondre à l’autre. La scientifique tire ses premières conclusions: «Les os semblent appartenir à un seul individu.» Un homme, décédé assez âgé. La suite, ce sera pour l’université de Namur. Les ossements sont rangés. Dehors, le corbillard s’est avancé, prêt à accueillir le sarcophage. Question de respect, indique-t-on à la SAN.