Les accidents sur l'E19 relancent le débat sur la protection civile

Des voix s'élèvent à nouveau pour réclamer son retour dans le Hainaut.

U.P.
Les accidents sur l'E19 relancent le débat sur la protection civile

Le début de la semaine a été chaotique sur la portion montoise de l'E19. Deux accidents graves ont engendré une fermeture de l'autoroute. La première fois, c'était lundi 16 mai à hauteur de Nimy en direction de Bruxelles. Un camion transportant du blé a heurté un camion tampon, a renversé son chargement et a pris feu. La deuxième fermeture est intervenue à Jemappes mardi 17 en fin d'après-midi. Là encore, deux camions étaient impliqués.

Pour chacune de ces interventions, la protection civile a été appelée. À chaque fois, elle a mis environ deux heures pour parvenir jusqu'aux lieux de l'accident depuis la caserne de Crisnée, située à 1h30 de route de Mons. De quoi relancer le débat sur la fermeture de la caserne de Ghlin, intervenue au 1er janvier 2018 suite à la réforme du service portée par le ministre de l'intérieur de l'époque Jan Jambon (N-VA). Une réforme qui a eu pour conséquence la fermeture de quatre casernes et le maintien de Crisnées et Brasschaat, dans l'est du pays.

C'est le gouverneur de la province de Hainaut Tommy Leclercq qui a tiré le premier: "Comme responsable de la sécurité, j'aimerais récupérer la protection civile en bonne et due forme dans notre province", déclarait-il au lendemain de l'accident de Nimy à nos confrères de Sud Presse. Il a été rejoint par Jacqueline Galant, députée wallonne et bourgmestre MR de Jurbise. "Depuis plusieurs années, avec d’autres personnalités politiques de la région, nous ne cessons d’attirer l’attention sur les difficultés qu’engendre la réforme de la protection civile pour Mons-Borinage, mais aussi pour le Hainaut, la Wallonie et la frontière française", explique-t-elle

Saisir le comité de concertation

"Lors de ces récents accidents, l’arrivée de la protection civile depuis Crisnée nous a fait perdre un temps précieux. En cas de catastrophes impliquant des substances toxiques ou entraînant de nombreuses victimes, certains devront pouvoir se regarder dans la glace. Notre région comporte des entreprises Seveso, un réseau routier fortement fréquenté… Le principe de précaution doit prévaloir dans ce dossier!", ajoute la députée qui, en 2017, regrettait la fermeture de la caserne de Ghlin, quand bien même le MR était à la tête du gouvernement avec Charles Michel en tant que Premier ministre. Suite aux récents événements, elle demandera au ministre-président wallon Elio Di Rupo de demander de relayer les inquiétudes formulées auprès du Comité de Concertation. Où siège le fossoyeur de la caserne de Ghlin Jan Jambon en tant que ministre-président flamand.

Étude d'évaluation en cours

Quant à Éric Thiébaut, député fédéral et bourgmestre PS d'Hensies, il s'est une nouvelle fois ému de la situation en commission de l'intérieur et a demandé à la ministre Annelies Verlinden de réévaluer le choix des casernes maintenues pour la protection civile et le retour d'un poste avancé sur le site de Ghlin, "au regard des incidents survenus sur le terrain." La ministre de l'intérieur lui a répondu qu'une évaluation de la réforme était en cours depuis décembre, réalisée par l'université d'Hasselt en collaboration avec l'ULiège.

Un volet de cette enquête porte sur "une étude sur l'implantation des unités opérationnelles de la Protection civile basée sur un certain nombre de scénarios quant au nombre de casernes et/ou avant-postes de la Protection civile qui sont analysés en tenant compte des frontières régionales et provinciales", a précisé la ministre. Le rapport final de l'enquête devrait être disponible courant juillet.