Smartphone à plat? Faites le plein d’énergie avec Naki Power, pionnier bruxellois de la batterie partagée (vidéo & photos)

Le niveau de batterie de nos smartphones est devenu aussi vital que de manger. Voire plus. Avec ses batteries externes partagées, Naki Power pense aux distraits qui sortent "à plat". Cette solution innovante est accessible dans 400 lieux bruxellois.

Julien Rensonnet

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Vous sortez de chez vous en coup de vent et, pas de bol, vous avez oublié de recharger votre téléphone? Vous quittez le boulot à plat et le câble est resté dans la prise? Qui n’a jamais connu cette mésaventure? Naki Power, start-up bruxelloise née en 2020, pourrait bien vous dépanner. Sa solution: des batteries externes, nomades et universelles, que vous trouvez dans les bars, les gares et les lieux de passage. Soit près de 400 points déjà à Bruxelles et 2.000 en Europe.

Zac Aghemio, cofondateur, vous en dit plus depuis son QG d’Ixelles où un bar en bois massif accueille une station Naki Power, comme dans les caberdouches voisins de la place de Londres.

Naki Power, c’est quoi?

 Naki Power, c’est une batterie portable de poche que vous pouvez emporter le temps de recharger vos appareils.
Naki Power, c’est une batterie portable de poche que vous pouvez emporter le temps de recharger vos appareils. ©ÉdA – Julien RENSONNET

Ce sont des stations de batteries externes installées dans les endroits de passage: cafés, gares, aéroports… Petites boîtes posées sur un comptoir ou bornes plus imposantes dans un lieu public, elles contiennent de 8 à une cinquantaine de batteries de la taille d'un smartphone. Celles-ci disposent de trois câbles différents pour s'adapter à tous les téléphones "et aux écouteurs, cigarettes électroniques…"

Comment ça marche?

"L'utilisateur se connecte via l'app. Il peut trouver la station Naki Power la plus proche par géolocalisation. Une fois sur place, il déverrouille une batterie grâce à l'app, en sélectionnant un moyen de payement puis scannant le QR code de la base". Hop! La batterie est délogée de son socle. L'utilisation est alors très similaire à celle d'un vélo ou d'une trottinette partagée. L'utilisateur emporte la batterie. "Il peut charger à table, ce qui est quand même plus cool que de demander au barman de charger derrière le comptoir". Ou voyager avec elle: "déverrouiller une batterie à la gare du Midi et la déposer à Anvers, ou à Zaventem et la déposer à l'aéroport de Madrid". Une fois la batterie rentrée sur un socle, la location s'arrête.

Combien ça coûte?

"C'est 1€ pour 30 minutes avec un maximum de 6€ pour 24h: ce ne sont donc que les 3 premières heures qui sont facturées". Ensuite, la reconduction est tacite durant 5 jours tant que la batterie ne réintègre pas son socle. En cas de non-retour, "l'achat" est facturé 50€. "Mais ce n'est vraiment pas l'objectif". Naki Power planche aussi sur une offre d'abonnement pour les utilisateurs récurrents: "une promesse de batterie illimitée". Le

Où trouver les batteries?

 Vous déverrouillez la batterie via l’app sur votre smartphone, puis la retournez sur la base Naki que vous préférez, celle d’origine ou une autre.
Vous déverrouillez la batterie via l’app sur votre smartphone, puis la retournez sur la base Naki que vous préférez, celle d’origine ou une autre. ©ÉdA – Julien RENSONNET

"Nous disposons de 400 stations à Bruxelles, dont une septantaine dans le Pentagone. Et 2.000 en Europe. Soit entre 8.000 et 10.000 batteries. Nous sommes présents dans une vingtaine de grandes gares SNCB dont les bruxelloises, Anvers, Gand. Dans des bars et restos, des clubs, des hôtels, des shoppings, des campus universitaires ou des salles de sport. Mais aussi les festivals, les salles de concert, les aéroports. Nous sommes très présents en Belgique bien sûr, y compris en Wallonie, ainsi qu'en Suède, à Stockholm. Et puis à Paris, Berlin, Madrid ou encore dans les destinations de vacances espagnoles comme Malaga". Prochaine étape: "On espère convaincre la STIB d'équiper les stations".

Pour qui?

L'utilisateur visé: "le nomade", forcément. Mais encore? "La génération contemporaine, celle préfère l'accès aux choses plutôt que leur possession". En mars 2022, Naki Power compte ainsi 120.000 utilisateurs enregistrés pour "quelque 12.000 locations par mois". Et ce sont "surtout les week-ends" qui fonctionnent. Côté tenanciers, le dépôt d'une base Naki Power est gratuit. "Les retours sont bons, c'est un service en plus au client". Des endroits un peu plus huppés, "comme des clubs de sports premium" pourraient cependant louer les stations pour "mettre gracieusement les batteries à disposition de leur clientèle".

 Naki Power fonctionne sur un modèle asiatique, comme les trottinettes partagées.
Naki Power fonctionne sur un modèle asiatique, comme les trottinettes partagées. ©ÉdA – Julien RENSONNET

Zac Aghemio, cofondateur, a beaucoup voyagé pour son ancien boulot dans la mobilité partagée. "Pendant 6 mois, ma vie était dans un sac à dos. Je me retrouvais sans arrêt dans les aéroports avec 10% de batterie. J’ai acheté une batterie externe, puis deux… Et maintenant, j’en ai 4 ou 5 dans un tiroir à la maison", déplore l’entrepreneur de 29 ans.

Je me retrouvais sans arrêt dans les aéroports avec 10% de batterie. J’ai acheté une batterie externe, puis deux… Et maintenant, j’en ai 4 ou 5 dans un tiroir.

Zac bosse alors pour Circ, entreprise fondée à Berlin par un autre Bruxellois, Tim Rucquoi-Berger. L’homme n’est pas un débutant quand il s’agit de se lancer. Sa boîte de trottinettes est rachetée en 2019 par un plus gros poisson. Il songe alors à "partager de l’énergie". Et Zac embarque.

Chine

"Tim a vécu la moitié de sa vie en Chine. Il connaît un paquet de modèles asiatiques", glisse le jeune homme en pointant la borne d’un concurrent japonais envoyée à son bureau ixellois. Sourire. "On a des perspectives mais on reste une petite start-up". Qui, après deux levées de fonds de près de 3 millions d’euros, a remis ça en janvier 2022 pour la même somme. Objectif: développer le réseau en Europe, passer à la "charge rapide" et atteindre 40.000 locations mensuelles "d’ici l’été".

Une batterie financière rechargée qui doit apporter un peu d’air après deux ans de covid où les nomades se sont sédentarisés près des prises électriques de leur lieu de confinement.