Fin de l’occupation des sans-papiers à l’église du Béguinage de Bruxelles

La plupart des membres du groupe ont quitté l’église du Béguinage mardi soir et les derniers occupants sont partis mercredi en milieu de journée, a indiqué en fin de journée le père Daniel Alliët, membre fondateur de la Maison de la compassion, un projet de défense des droits des personnes précaires, lié à une ASBL de la paroisse

 Fin de l’occupation des sans-papiers à l’église du Béguinage de Bruxelles

À l’issue d’une procédure initiée en justice de paix par la fabrique de l’église du Béguinage, des personnes sans-papiers avaient jusqu’à lundi 17h00 pour libérer les lieux. Les services de police ne sont pas intervenus.

"L’église du Béguinage restera le berceau de notre lutte", a commenté Ahmed, un porte-parole des ex-grévistes de la faim. "L’occupation politique a pris fin, mais on va continuer à travailler avec le père Daniel." Il ajoute que deux groupes, de 20 à 35 ex-grévistes de la faim chacun, tiennent encore des occupations symboliques sur les sites universitaires de l’ULB et de la VUB.

Le porte-parole de l’occupation du Béguinage assure qu’au moins 5.000 signatures ont été récoltées dans le cadre de la campagne nationale "In My Name" lancée début décembre par la Coordination des sans-papiers de Belgique, l’Union des sans-papiers pour la régularisation et le collectif Zone Neutre. Ceux-ci visent à obtenir, d’ici le 17 mai prochain, 25.000 signatures, un cap qui permettrait que leur proposition de loi citoyenne, relative à la régularisation des personnes sans-papiers, soit débattue au sein du parlement fédéral.

Des dégâts causés lors de l’occupation sont à réparer dans l’église. Des câbles électriques ont notamment été abîmés lors de conflits. L’église sera fermée au public durant les travaux, qui devraient se terminer dans le courant du mois de mars.

L’occupation a été initiée en janvier 2021 par l’Union des sans-papiers pour la régularisation (USPR). L’église a constitué entre fin mai et fin juillet le centre névralgique de la grève de la faim de plus de 400 personnes, qui réclamaient l’établissement de critères de régularisation pour les migrants économiques présents depuis de longues années sur le territoire. Des représentants des occupants ont négocié en juillet avec le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Sammy Mahdi, ce qui a conduit à la fin de la grève de la faim.

Face au nombre important de refus de régularisation reçus à l’automne après examen des dossiers, les anciens grévistes se sont dits trahis. La plupart des occupants ont cependant quitté l’église en novembre et en décembre. Début 2022, le groupe s’était réduit à quelques dizaines de personnes.

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