Safe zones, safe taxis, formations, com, personne de contact, fermetures, amendes…: les 77 mesures de la Ville de Bruxelles contre le harcèlement

Une safe zone et un référent harcèlement devront dorénavant être disponibles dans chaque club bruxellois ou sur chaque événement organisé sur le territoire de la Ville. Celle-ci sort un plan qui concerne victimes, horeca, police, vigiles ou taxis.

Safe zones, safe taxis, formations, com, personne de contact, fermetures, amendes…: les 77 mesures de la Ville de Bruxelles contre le harcèlement

La Ville de Bruxelles a dévoilé lundi un plan en 77 points pour agir contre le harcèlement et les violences sexuelles dans les bars et lieux dansants, sous le slogan de campagne "Rien sans mon consentement". La Ville va notamment intervenir pour que des personnes de contact ("référents harcèlement") soient formées dans chaque établissement ouvert de nuit, qui soient présentes et identifiables sur place, prêtes à intervenir et à sensibiliser.

Il est aussi question d’instaurer une "safe zone" dans chaque lieu ouvert après minuit, adaptable à l’événement en question. Il est surtout attendu des événements et lieux nocturnes d’avoir un dispositif prêt pour agir en cas de harcèlement d’une cliente (ou d’un client). Ce sera même une condition pour bénéficier d’une autorisation des autorités locales (en cas d’événement temporaire).

Un ETP à la Ville

Parmi les mesures annoncées, on trouve entre autres: des ateliers d’"empowerment" (autodéfense, soirées non-mixtes…), 30% de places supplémentaires au centre de prise en charge des violences sexuelles (CPVS) de la rue Haute, l’engagement d’un ETP pour le harcèlement et le harcèlement de nuit, la formation des agents de sécurité à la problématique du harcèlement, une journée de formation "harcèlement" obligatoire pour les policiers, une "boîte à outils" pour le grand public qui explique comment réagir face au harcèlement (formations dans les maisons de jeune, l’horeca, l’enseignement)…

La Ville de Bruxelles prévoit une campagne d’affichage aux slogans choc.

Certaines mesures plus générales visent aussi à renforcer le sentiment de sécurité et la sécurité dans les quartiers festifs, dont le périmètre n’est plus limité au seul hypercentre. On peut citer: une campagne de com (avec les affiches roses prévues dans minimum 23 lieux festifs déjà recensés), l’amélioration de l’éclairage, des caméras obligatoires, le renforcement du rôle des taxis dans la prévention ou la prise en charge de victimes (certains taxis seraient ainsi formés à la problématique et envoyés en priorité via un code "safe taxi" lors de la commande), de la com dans les transports en commun, la multiplication des patrouilles en civil dans les transports et aux alentours des lieux festifs pour constater les flagrants délits…

Des sanctions

Des sanctions sont également prévues en cas de non-respect de ces nouvelles mesures. Celles-ci peuvent être l’interdiction de l’événement ou la fermeture de l’établissement si le protocole n’est pas respecté, assorties des amendes idoines.

On a eu une vraie alerte avec le mouvement ‘balance ton bar’. Or, je me souviens qu’au début du mouvement, on minimisait les témoignages, on doutait.

"On a eu une vraie alerte avec le mouvement ‘balance ton bar’", a commenté le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close en matinée au micro de Bel RTL. "Il faut libérer la parole des victimes et dire aux hommes qu’il faut qu’ils changent. […] Car je me souviens qu’au début du mouvement on minimisait les témoignages, on doutait".

La "charte" du monde de la nuit qui est proposée sera "d’abord être discutée avec tout le monde", a précisé le bourgmestre en radio.

L’information figure mardi matin dans les pages du Soir, des quotidiens flamands du groupe Mediahuis, et sur le site internet du média bruxellois Bruzz.

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