Le socle appartient à la Ville, le bronze au Fédéral: ça sent l’imbroglio pour le futur de la statue équestre de Léopold II

Le fédéral et les autorités bruxelloises devront collaborer pour déterminer le sort de la statue de Léopold II sur la place du Trône. Un débat institutionnel typiquement belge risque bien de s’inviter.

Le socle appartient à la Ville, le bronze au Fédéral: ça sent l’imbroglio pour le futur de la statue équestre de Léopold II

Le pouvoir fédéral et les autorités bruxelloises devront collaborer pour déterminer le sort de la statue de Léopold II érigée sur la place du Trône dans le centre de la capitale, a expliqué lundi le secrétaire d’État bruxellois au Patrimoine devant la commission de la Chambre chargée de se pencher sur le passé colonial de la Belgique.

La semaine passée, le groupe de travail bruxellois sur les symboles de la colonisation dans l'espace public a rendu un rapport dont certaines conclusions ont suscité la controverse, notamment à propos de la statue équestre du deuxième roi des Belges, colonisateur du Congo. Des propositions ont été formulées, dont celle de la retirer et de la fondre pour en faire un monument en l'honneur des victimes de la colonisation ou à tout le moins de la déplacer.

Tout le monde est d’accord pour dire que l’on doit faire quelque chose. Mais quoi? Je ne sais pas.

"Tout le monde est d’accord pour dire que l’on doit faire quelque chose. Mais quoi? Je ne sais pas. Un débat aura lieu au parlement bruxellois, peut-être dans votre commission", a expliqué Smet aux députés fédéraux. "Aucune décision n’est encore prise. Ce sera une collaboration entre le fédéral et la Région".

Clivages

Une collaboration sera d’autant plus nécessaire que le socle appartient à la ville de Bruxelles tandis que la statue en bronze relève de l’État fédéral. Le débat réveillera les clivages, comme en ont témoigné certaines interventions devant la commission. Non seulement des représentants bruxellois ont été entendus mais également des villes d’Ostende et de Gand où des initiatives diverses ont été prises en vue de "décoloniser" l’espace public.

Les nationalistes flamands se sont montrés très critiques et ont dénoncé l’influence des courants "woke" et autres. Le MR qualifie les projets relatifs à la statue de Léopold II à Bruxelles de "vandalisme déguisé". À l’inverse, à gauche, c’est l’intervention du président de "Mémoires du Congo", Thierry Claeys Bouuaert, qui a fait froncer les sourcils, tant elle a paru à certains députés comme l’expression d’une défense de la colonie, ce dont l’intéressé s’est défendu.

Nous ne cherchons pas à effacer le passé mais il faut des nouveaux narratifs. Des choses n’ont pas été dites.

"Nous ne cherchons pas à effacer le passé mais il faut des nouveaux narratifs. Des choses n’ont pas été dites. Jusqu’à présent, la propagande coloniale s’est basée sur une vérité. La démarche est de faire entendre, de reconnaître ce qui n’a pas été dit", a expliqué l’une des membres du groupe de travail bruxellois, Georgine Dibua, fondatrice de l’ASBL Bakushinta.

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