Le cordonnier de Quaregnon risque 4 ans de prison pour une tentative de meurtre

Selon le prévenu, le coup est parti tout seul dans le cadre d'une bagarre.

Belga
Le cordonnier de Quaregnon risque 4 ans de prison pour une tentative de meurtre

Le ministère public a requis, lundi, une peine de quatre ans de prison contre G.V (66 ans), poursuivi devant la sixième chambre du tribunal correctionnel du Hainaut, division de Mons, pour une tentative de meurtre, de menaces avec ordre ou sous conditions d'un attentat contre une personne, d'un port d'arme sans autorisation et d'une détention de munitions. Le 28 juin 2020, vers 20 heures, une dispute a éclaté entre un automobiliste et un piéton qui voulait traverser la rue du Village. Ce dernier s'est réfugié chez le cordonnier, lequel est sorti de sa boutique en tenant une arme. Un coup de feu est parti et un jeune homme a été blessé.

L'avocate du blessé, un jeune homme âgé de 22 ans qui travaille comme aide-soignant, a déclaré que son client avait pris la défense de sa maman, copieusement insultée par un homme qui s'était engagé dans le passage piéton avec une poussette d'enfant. "Il s'est avancé pour prendre la défense de sa maman. Il a reçu des coups et il en a donné à cet homme qui insultait sa maman. Il a entendu le cordonnier le menacer de mort, puis l'a vu rentrer dans son magasin. Ensuite, il a reçu une balle dans la jambe", a expliqué l'avocate.

Le substitut du procureur du roi a confirmé cette version de l'histoire, relisant les différents témoignages recueillis par les enquêteurs. "Il y a eu une scène de menace de mort proférée par le prévenu, qui fait un aller-retour pour prendre une arme dans son magasin. Il reçoit un coup, tombe et tire en direction d'un homme, touché au tibia. Pour moi, il s'agit d'une tentative de meurtre, car il vise un homme avec une arme létale, peu importe la zone visée".

Me Frank Discepoli, pour la défense, a plaidé une requalification de la tentative de meurtre en coups et blessures involontaires, insistant sur le contexte émotionnel "très important dans cette affaire". L'avocat parle d'une "pollution" de ce dossier médiatisé. Il ajoute que le seul point identique dans toutes les auditions est que le coup de feu est parti après que le cordonnier fut maîtrisé par plusieurs individus. "D'un point de vue objectif, nous avons un rapport balistique qui ne peut pas se prononcer, ni sur la position des protagonistes, ni sur la trajectoire de la balle".

Le pénaliste a insisté sur la chronologie des faits. "Mon client a cru que l'on s'en prenait à un membre de sa famille, un témoin criant notamment: il a écrasé le bébé. (?) Tous les témoins disent qu'il n'a porté aucun coup et qu'il a été poussé au sol, victime de coups".

Selon le prévenu, le coup est parti tout seul dans le cadre d'une bagarre. Pour son avocat, il s'agit donc d'un coup de feu accidentel, ayant provoqué des blessures au sens de l'article 399 du code pénal. Le tireur n'a qu'un seul antécédent judiciaire pour recel. Un sursis probatoire a été plaidé.

Une peine de deux mois de prison, avec sursis, a été réclamée contre la victime pour les coups. Le jeune homme a été marqué par cette scène durant des mois, selon son avocate, qui a plaidé une suspension du prononcé de la condamnation pour les coups.

Le jugement sera prononcé le 21 mars.