Tronçon nord du métro 3: le nouveau permis a été introduit, avec l’espoir d’une inauguration en 2031-2032

Les plans modifiés de la partie "gare du nord – Bordet" du métro 3 seront prochainement soumis à l’enquête publique. Au programme: le forage d’un tunnel de 5 kilomètres, la construction de 7 stations et un dépôt à Haren.

Romain MASQUELIER
Tronçon nord du métro 3: le nouveau permis a été introduit, avec l’espoir d’une inauguration en 2031-2032
Le chantier n’est pas encore près d’être lancé ©ÉdA – Julien RENSONNET

Nouvelle étape dans ce qu’on peut considérer comme "le plus grand" chantier bruxellois de la décennie. Ce 24 janvier, les plans "optimisés" du tronçon nord du métro 3 ont été introduits. La demande en vue d’obtenir les permis d’urbanisme et d’environnement concerne la création d’un tunnel de 5 kilomètres entre la gare du Nord et Bordet, ainsi que la construction de sept nouvelles stations de métro sur le tracé.

À la suite de l’étude d’incidences clôturée en juillet dernier, le projet a été modifié, notamment concernant les stations prévues, les accès des PMR, les sanitaires, la multimodalité, les aspects environnementaux ou encore la construction d’une station d’épuration à la gare du Nord. Le permis ayant été déposé, le projet va passer par l’inévitable case de l’enquête publique, prévue en mars prochain.

"Une véritable usine souterraine"

Une fois le métro réalisé, la connexion Albert-Bordet sera assurée en 20 minutes. "Pourquoi fait-on le métro? Les lignes 3, 4 et 55 sont saturées. Tous les jours, on doit refuser des passagers. On est donc obligé d’augmenter la capacité", indique le CEO de la STIB, Brieuc de Meeûs.

Le métro 3 apparaît en vert turquoise sur le plan de la STIB.
Le métro 3 apparaît en vert turquoise sur le plan de la STIB. ©STIB

Pour rappel, le "métro 3" comporte deux tronçons, avec chacun ses spécificités et sa temporalité. Les travaux du tronçon méridional entre Albert (parc de Forest) et la gare du Nord ont déjà commencé et consistent en la transformation du tunnel de tram souterrain existant en tunnel de métro, avec cependant une partie d’aménagements nettement plus lourds au niveau de la station Toots Thielemans.

Le tronçon septentrional, entre la gare du Nord et Evere, nécessite quant à lui le forage d’un nouveau tunnel. Le projet prévoit de creuser le tunnel d’un diamètre de 10 mètres grâce à un "tunnelier" sophistiqué, "une véritable usine souterraine", qui fonctionnera 24h/24 et avancera de 7 mètres par jour.

Mais outre le tunnel et le souterrain, le métro nécessite également de grands aménagements en surface, pour les stations. "C’est plus qu’un dossier de métro. En surface, ce projet va permettre l’apaisement de la ville et de ses quartiers en réduisant le trafic de transit au profit de la requalification de l’espace public, plus sûr, plus convivial et plus végétal", indique la ministre Elke Van den Brandt (Groen).

Beliris à la manœuvre

Ce projet de 2,3 milliards d’euros au total mobilise plusieurs acteurs institutionnels: la STIB bien évidemment et la Région bruxelloise, mais également le fédéral par la main de Beliris. C’est justement cet organe (en charge du rayonnement de Bruxelles en tant que capitale) qui est à la manœuvre pour cette partie nord du chantier. D’ici la fin de la législature, le fédéral aura octroyé environ 500 millions, indique la ministre de tutelle Karine Lalieux (PS).

Lalieux (Beliris) de Meeûs (STIB) et Van den Brandt ont présenté le projet de métro Nord modifié ce 16 février 2022.
Lalieux (Beliris) de Meeûs (STIB) et Van den Brandt ont présenté le projet de métro Nord modifié ce 16 février 2022. ©Photo News

Concernant la communication aux citoyens, le site internet "Métro 3" a été actualisé, le dossier est consultable en ligne, une vidéo explicative sera prochainement publiée et une exposition itinérante est organisée ces prochains jours à Schaerbeek, Haren et Evere (avec des horaires cependant assez restreints…). Le volet commerçant est quant à lui toujours en cours de discussion.

Et bien sûr, la question que tous les Bruxellois se posent: quand pourrons-nous emprunter la ligne? Une fois le permis obtenu, le tunnel et les stations nécessiteront environ 3 ans de chantier, et à cela s’ajoutent deux ans de parachèvement et 18 mois de test. "Donc 2031, 2032, sans les risques de retard liés à des recours", avance Cédric Bossut, directeur de Beliris.