Gros flop pour le convoi de la liberté, qui n’a rien paralysé: "Les gouvernements ont-ils gagné?" (photos)

Après avoir fait beaucoup parler de lui et mobilisé un nombre impressionnant de policiers, le convoi pour la liberté n’a finalement pas réuni grand monde.

Mathieu Golinvaux

Alors qu’ils avaient annoncé vouloir bloquer la capitale de l’Europe, comme l’ont fait les routiers canadiens à Ottawa, que la police les attendait, en nombre et de pied ferme, et que la presse en a beaucoup fait ces derniers jours, les manifestants du convoi de la liberté, version européenne, ne sont finalement pas parvenus à mobiliser les foules et à réunir beaucoup de monde dans les rues de Bruxelles ce lundi, quelques centaines de personnes tout au plus.

Depuis dimanche soir pourtant, Bruxelles s’était transformée en ville en état de siège et le quartier européen avait été placé sous haute protection.

Ce lundi matin, à l’heure de pointe, ce sont d’abord les nombreux barrages filtrants installés par la police qui ont provoqué de longues files aux différentes entrées de Bruxelles.

Gros flop pour le convoi de la liberté, qui n’a rien paralysé: "Les gouvernements ont-ils gagné?" (photos)

Pendant ce temps, sur le ring, il ne faisait pas bon se balader avec une plaque minéralogique française. Systématiquement, nos voisins étaient accompagnés manu militari en direction du parking C.

On est là de façon pacifique, mais ils ne veulent rien entendre et ils ne veulent pas qu’on entre dans Bruxelles avec nos voitures. On n’a toutefois pas fait autant de kilomètres pour rester sur un parking entouré de policiers.

Là-bas, une cinquantaine de camping-cars était stationnés sous bonne garde depuis la veille. "On est arrivés hier soir, raconte Bernard. On s'attendait à ce que Bruxelles soit bloquée ce lundi, mais déjà là, ils nous ont redirigés vers ici, où on a passé la nuit. On est là de façon pacifique, mais ils ne veulent rien entendre et ils ne veulent pas qu'on entre dans Bruxelles avec nos voitures. On n'a toutefois pas fait autant de kilomètres pour rester sur un parking entouré de policiers."

Gros flop pour le convoi de la liberté, qui n’a rien paralysé: "Les gouvernements ont-ils gagné?" (photos)

On s’attendait à voir plus de monde en arrivant, c’est décevant. On dirait que les gens finissent par accepter ce qu’il leur arrive. Les gouvernements ont gagné.

Après être passés par Paris ce week-end, certains, venus de très loin, n'ont en effet pas compté les kilomètres (et l'essence) pour venir parader dans les rues de Bruxelles. À l'heure du rendez-vous, ils étaient en grande partie venus de France, avec, à leurs côtés, quelques Hollandais, mais pratiquement aucun Belge. "On est forcément déçus de voir qu'on n'a pas été soutenus par les gens d'ici, regrette Dieter, un des Hollandais du cortège. On s'attendait à voir plus de monde en arrivant, c'est décevant. On dirait que les gens finissent par accepter ce qu'il leur arrive. Les gouvernements ont gagné. "

Gros flop pour le convoi de la liberté, qui n’a rien paralysé: "Les gouvernements ont-ils gagné?" (photos)

Tout au long de la journée, les manifestants ont promis que des "renforts" allaient finir par arriver. "Un convoi est parti de Lille", répétaient-ils sans cesse. Du côté de la police fédérale, on a rapidement infirmé l'information. "Où alors, ils sont toujours en France, parce qu'aucun convoi, comme ils disent, n'a passé la frontière aujourd'hui. "

Sans véritable leader, pas vraiment organisés et sans connaissance de Bruxelles, les manifestants ont mis un moment pour décider de leurs mouvements, abandonnant finalement leurs véhicules sur le parking C pour rejoindre le rond-point Schuman par petits groupes et en métro.

Gros flop pour le convoi de la liberté, qui n’a rien paralysé: "Les gouvernements ont-ils gagné?" (photos)

Des revendications qui partent dans tous les sens

Pour ce qui est des revendications, là non plus, pas de réel mot d'ordre, entre les anciens gilets jaunes, antivax, complotistes, les discours sont souvent partis dans toutes les directions. C'est d'ailleurs souvent Emmanuel Macron qui en a pris pour son grade, alors que le président français n'a, finalement, pas grand-chose à dire à Bruxelles. "Personnellement, je ne suis pas un antivax, je suis d'ailleurs vacciné, mais si je suis ici, c'est pour retrouver notre liberté, explique un Belge, exilé en France depuis pas mal d'années. Laissons les gens tranquilles et rendez-nous la démocratie."

Personnellement, je ne suis pas un antivax, je suis d’ailleurs vacciné, mais si je suis ici, c’est pour retrouver notre liberté.

Si une bonne partie de la journée s'est passée dans le calme, la police a finalement dû intervenir en fin de journée au rond-point Schuman et dans le centre, du côté de la place Sainte-Catherine, parce que deux groupes de manifestants tentaient de se rejoindre et que l'action de ce lundi n'était ni revendiquée ni autorisée. Elle a procédé à quelques arrestations et le calme est vite revenu. Les manifestants ont, eux, retrouvé leurs camping-cars pour une seconde nuit sur le parking sans manquer de nous demander " où manger de bonnes moules frites."

Gros flop pour le convoi de la liberté, qui n’a rien paralysé: "Les gouvernements ont-ils gagné?" (photos)
Gros flop pour le convoi de la liberté, qui n’a rien paralysé: "Les gouvernements ont-ils gagné?" (photos)