Des pêcheurs à la crevette remontent… cette défense fossile d’un éléphant, "géant" de nos forêts qui a vécu avant le mammouth

L’Institut royal des sciences naturelles de Belgique a dévoilé lundi le fossile d’une défense d’un Palaeoloxodon antiquus, un éléphant de forêt qui a vécu avant le mammouth.

L’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRNSB), a dévoilé lundi après-midi le fossile d’une défense d’un Palaeoloxodon antiquus, un éléphant de forêt qui a vécu avant le mammouth. Cette inauguration a eu lieu en présence du ministre de la Mer du Nord Vincent Van Quickenborne et du secrétaire d’État chargé de la Politique scientifique Thomas Dermine.

La défense est presque entière. Elle mesure 2 mètres 30, sur une longueur complète estimée de 2 m 80. Elle pèse 60 kg. Son âge est estimé entre 130.000 et 115.000 ans. La défense date de l’Éémien, durant la dernière période interglaciaire. Elle appartenait à un individu adulte mâle d’environ 3 mètres 50 de haut. Cet éléphant à défenses droites était un géant plus grand que l’éléphant africain, son plus proche cousin actuel.

Crevette

C’est un bateau de pêche à la crevette néerlandais qui a remonté dans ses filets ce fossile en juillet 2020, dans les eaux territoriales belges en face de Zeebrugge, plus précisément dans le canal de navigation Het Scheur. Des activités de dragage sont régulièrement entreprises à cet endroit pour permettre aux gros navires de faire escale, ce qui provoque l’érosion des berges et la remontée en surface de nombreux fossiles. Cette découverte est remarquable, car il n’y avait pas encore de spécimen aussi complet attestant de la présence de cet éléphant en Belgique.

 La défense est presque entière. Elle mesure 2 mètres 30, sur une longueur complète estimée de 2 m 80. Elle pèse 60 kg. Son âge est estimé entre 130.000 et 115.000 ans.

Les pêcheurs hollandais ont d’abord vendu la défense fossile à North Sea Fossils (à Urk, Pays-bas). Elle a ensuite été étudiée par des chercheurs associés au Muséum d’histoire naturelle de Rotterdam. Elle est entrée dans les collections de l’IRNSB grâce à l’action conjointe de Vincent Van Quickenborne et Thomas Dermine.

Puzzle

Un protocole de coopération a été signé ce lundi au musée entre les administrations fédérales et flamandes et les instituts de recherche dans le cadre de la loi relative à la mise en œuvre de la Convention du 2 novembre 2001 de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique et la protection d’épaves de valeur. "Depuis l’année dernière, nous avons une nouvelle loi qui protège automatiquement le patrimoine de plus de 100 ans", a expliqué Vincent Van Quickenborne. "Grâce à cette loi, nous pouvons également inclure les fossiles dans notre patrimoine. La signature de l’accord de coopération aujourd’hui est la dernière pièce de cette nouvelle loi. De cette façon, la défense de l’éléphant à défenses droites ne disparaîtra pas dans une archive privée, mais nous pourrons faire profiter tout le monde de la richesse de notre patrimoine de la mer du Nord".

Van Quickenborne et Dermine se sont bien amusés.

Le public pourra venir découvrir cette défense fossile dès mardi, dans la section propre aux mammouths et aux éléphants. "Le fossile, vieux de plus de 115.000 ans, est étudié par l’IRNSB et mis en corrélation avec d’autres découvertes de son immense collection de pas moins de 3 millions de fossiles", a souligné Thomas Dermine. "Elle constitue ainsi une pièce du puzzle dans l’image de la vie d’autrefois dans nos régions, que le Musée des sciences naturelles fait revivre".

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