Ce week-end à Bruxelles, pas de dispute pour sortir les kets

Bonne pioche pour le très jeune public ce week-end à Bruxelles: on lui dégotte deux films et un spectacle. Si leurs parents s’engueulent, les enfants un peu plus âgés se sentiront moins seuls au Kaaitheater. Et puis, les fans de photos traîneront en rue.

Julien Rensonnet
Ce week-end à Bruxelles, pas de dispute pour sortir les kets
Tenante durant les années 30 à 80 d’une photographie de rue novatrice et sociale, la New-Yorkaise Helen Levitt est exposée pour la première fois en Belgique. ©Helen Levitt – Fondation A

Suivre @JulienRENSONNET

Helen Levitt toujours

Ce week-end à Bruxelles, pas de dispute pour sortir les kets
©Helen Levitt – Fondation A

La photographie de rue américaine n'a sans doute jamais été autant appréciée qu'aujourd'hui. Alors qu'on porte aux nues le travail de Vivian Maier, ceux qui apprécient la comète de Chicago doivent foncer à la Fondation A. Après avoir ouvert ses cimaises à Walker Evans en 2016, la précieuse galerie forestoise expose sa consœur Helen Levitt, que le géant précurseur avait prise sous son aile. C'est une première en Belgique pour cette tenante de la "street photography" décédée en 2009. Les noirs et blancs de la New-Yorkaise plongent dans les quartiers populaires de Big Apple entre 1930 et 1980, à une époque où la télé n'était que science-fiction et où la vie se tenait sur les perrons des "brownstones". On y décèle aussi la candeur encore pure des sujets, enfants, ados, travailleurs, mères au foyer, face à un appareil photographique si peu courant. Rafraîchissant à notre ère des selfies et de la défiance envers l'objectif, au nom de la sacro-sainte protection de la vie privée.

+ "Helen Levitt. One, Two, Three, More", jusqu’au 10 avril à la Fondation A, avenue Van Volxem 304 à 1190 Forest. Du mercredi au dimanche de 13 à 18h, 2-5€.

Papa et maman se disputent, les kets racontent

Ce week-end à Bruxelles, pas de dispute pour sortir les kets
©Yohanne Lamoulere – Kaaitheater

"Ça fait quelques moments que ma mère, elle supporte plus mon père". Dans "La Dispute", le metteur en scène français Mohammed El Khatib condense les témoignages d'enfants dont les parents sont séparés. Il les a rassemblés alors qu'il travaillait sur la commande d'un spectacle "pour" enfants. Remarquant ce point commun entre de nombreux kets de tous les milieux, il opte plutôt pour une pièce "avec" des enfants. Sur base d'une question unique: "Aujourd'hui, quelle question aimerais-tu poser à tes parents?" Le résultat de ce travail est un spectacle où la parole des enfants est dite par des enfants. Il se joue ce week-end au Kaaitheater (en français). Avec des kets sur scène, entre des Playmobil et Lego géants.

+ "La Dispute", ces 29 (20h30) et 30 janvier (15h) au Kaaitheater (en français), prix libre (25/22/19/16/10€), square Sainctelette 20 à 1000 Bruxelles

Coupe du monde des Droits Humains

Ce week-end à Bruxelles, pas de dispute pour sortir les kets
©BRASS – Bellaing.be

Le BRASS consacre son week-end aux sans-papiers en invitant le C.A.A.B. Ce Collectif Artistes Actifs Béguinage est un trio bruxellois créé en soutien aux personnes sans-papiers qui occupent l'Église du Béguinage, l'ULB et la VUB. Leur objectif est évidemment de "porter, de manière artistique et esthétique, les messages et les réalités multiples sur l'urgence de la régularisation". Le centre culturel forestois expose leur projet "Y a rien à fêter", qui revient sur l'accompagnement des sans-papiers "dans leur combat contre un système qui les rend illégaux". Au menu tout le week-end: une assemblée de collectifs en lutte, un banquet solidaire gastronomique mitonné à base d'invendus par les précieux Gastrosophes, du slam, du rap, un concert de Tikiwaka. Ça se termine en beauté dimanche avec la pièce "La coupe du monde de la honte". Le public déterminera qui du Qatar ou de la Belgique "peut avoir le plus honte en termes de non-respect des droits humains".

+ "Y a rien à fêter", week-end pluridisciplinaire par le C.A.A.B (Collectif Artistes Actifs Béguinage), jusqu’au 30 janvier au BRASS, avenue Van Volxem 364 à 1190 Forest. Tout est gratuit, sous CST, banquet et pièce limités à 50 personnes

Ce week-end à Bruxelles, pas de dispute pour sortir les kets
©Les Samedis d’Anima

Vous savez qu'on aime les Samedis d'Anima dans cette rubrique. Ce week-end à Flagey, c'est un très qualitatif programme de courts-métrages qui attend une nouvelle fois vos kets. C'est assez rare dans nos salles: la séance est concoctée pour les enfants dès 3 ans. Un âge riquiqui pour un ciné, et c'est à souligner. Se succéderont 5 voyages en image par image, à bord de l'avion de Pote, Sily et Bemby, les 3 compères de la brigade aérienne de secours. Sans dialogue, mais avec beaucoup d'expression, ils emmènent vos têtes blondes de Londres à Paris en passant par l'Italie et l'Espagne. On y décèle un esprit à la Wallace et Gromitt ou Shaun le Mouton: ça va voler!

+ "Les Samedis d’Anima : L’équipe de secours en route pour l’aventure", ce samedi 29 janvier, 14h à Flagey, 6/7,50€, sous CST

Vieux films et jeunes musiciens

Ce week-end à Bruxelles, pas de dispute pour sortir les kets
©Cinematek

Plus pointu peut-être mais tout aussi accessible au jeune public: le projet "Académie Live" s'adresse aux enfants dès 4 ans ce dimanche à la Cinematek. L'ambition est géniale: de jeunes étudiants des académies de musique de Berchem-Saint-Agathe, Muziekschool Sint-Pieters-Woluwe et Schaarbeek mettent en musique des pépites méconnues des pionniers américains et français de l'animation.

"Académie Live", dans le cadre de la saison 2021-2022 de "Jeunes Fans de Ciné", à la Cinematek ce 30 janvier à 15h30, 2,50/5€

Un corps en décor

Ce week-end à Bruxelles, pas de dispute pour sortir les kets
©Odile Burley

Spectacle pour les enfants dès 3 ans ce samedi au Théâtre de la Parole, au Rouge-Cloître, dans le cadre du festival "À contre-courant". L'artiste Odile Burley y réinterprète ici le personnage de Tom Pouce… littéralement. La comédienne jeune public utilise en effet son corps "comme paysage-décor du spectacle". Ainsi, "tout surgira et se passera sur le décor-costume porté par la conteuse". Usant de ses membres comme d'un "tapis à histoires", la conteuse embarque son héros et son public dans une odyssée. "L'intelligence et la force de Petit Petit lui font trouver mille ruses pour sortir vainqueur de toutes les situations".

+ "Petit Petit", spectacle dès 3 ans, ce samedi 29 janvier à 15h au Théâtre de la Parole, rue du Rouge-Cloître 7d à 1160 Auderghem, 4/8,40€