Place Flagey: le béton va se couvrir de verdure, la mobilité suivra

Le visage de l’emblématique place Flagey va changer dans les prochaines années. Moins de béton, plus de végétation: c’est en tout cas l’ambition des instances ixelloises et régionales. Si le volet verdurisation avance, le plan de mobilité fait quant à lui encore l’objet de réflexions.

Romain MASQUELIER

C’est tout le paradoxe de la place Flagey. Rares sont les quartiers bruxellois à bénéficier d’un espace verdoyant aussi somptueux que les étangs. Mais à l’inverse, la place adjacente aux étendues d’eau n’est que pierre et béton, presque sans aucune végétation.

Lieu hautement symbolique pour Bruxelles, la bouillonnante place Flagey fait aujourd’hui l’objet d’un projet de verdurisation piloté par les instances écologistes ixelloises et régionales. Un dossier qui vient de connaître une étape décisive en ce début janvier, comme l’indique ce 6 janvier le quotidien Le Soir.

La Région bruxelloise et la commune d’Ixelles ont en effet désigné les bureaux d’architectes en charge de verduriser le périmètre comprenant la place Flagey (régionale) et la place Sainte-Croix (communale). L’équipe choisie pour mener à bien le projet se compose des bureaux Kollektif Landscape (Gand), Fallow (Bruxelles) et Ecorce (Liège).

 Une soixantaine d’arbres garniront une place Flagey reverdie.
Une soixantaine d’arbres garniront une place Flagey reverdie. ©Kollektif Landscape – Fallow – Ecorce

La stratégie de "déminéralisation" consiste à retirer de pavés de la place et à ajouter de la végétation, et notamment d’arbres. Le Soir évoque une soixantaine d’arbres supplémentaires, permettant d’arriver à une centaine d’espèces. "Nous allons verduriser pour que Bruxelles soit moins émettrice de CO2 et plus résiliente aux inondations et vagues de chaleur. Mais surtout, parce que les arbres, cela rend heureux", a tweeté de son côté la ministre régionale, Elke Van den Brandt (Groen).

La place en cuvette se situant dans l’ancienne vallée du Maelbeek, un travail est également mené au niveau de l’hydrographie et de la perméabilisation. Le projet devrait aboutir sous cette législature.

Un plan de mobilité toujours à l’étude

Outre le réaménagement urbanistique, la mobilité du quartier est appelée à être repensée dans un futur proche. Car ce n’est en effet pas une hyperbole de dire que ce quartier est actuellement un "point noir" de Bruxelles: énormes files dans les rues perpendiculaires à la place, flux incessant de voitures entre les étangs… Difficile donc pour le moment, malgré la végétalisation, de jouir d’un espace "apaisé" avec un tel trafic et une telle pollution.

Deux plans de circulation dans le cadre du "contrat local de mobilité" ont déjà été étudiés pour limiter le trafic de transit, notamment dans le passage entre les étangs utilisés comme "raccourci" par de nombreux automobilistes de passage… mais "le diable est dans les détails", nous explique l’échevin Yves Rouyet (Écolo), en charge de l’Urbanisme et de la Mobilité.

L’ambition est aussi d’apaiser le trafic.
L’ambition est aussi d’apaiser le trafic. ©Kollektif Landscape – Fallow – Ecorce

"On travaille activement à un troisième scénario. On veut vraiment améliorer la situation à Flagey, mais veut aussi éviter un report de trafic dans les autres quartiers." Selon le mandataire, les deux projets, la verdurisation et la mobilité, sont indépendants et ne se bloquent pas mutuellement. Car le projet de verdurisation a été spécifiquement élaboré pour ne pas devoir modifier l’aménagement de la place ou le plan de circulation.

Rappelons que la place Flagey a déjà connu plusieurs liftings au cours des précédentes années, avec un long réaménagement achevé en 2008. "Jusqu’en 2002, la place était un immense parking à ciel ouvert bordé de larges voiries de type autoroutières", rappelle l’échevin Yves Rouyet.