Prix immobiliers en (forte) hausse: comment la Wallonie a tiré profit du Covid

D’après le plus grand site immobilier en ligne de Belgique, la Wallonie – et principalement ces zones rurales – est devenue la région la plus attractive du pays depuis le début de la pandémie.

Alan Marchal
Prix immobiliers en (forte) hausse: comment la Wallonie a tiré profit du Covid
En Wallonie, les maisons situées en zone rurale se vendent de plus en plus facilement depuis avril 2020. ©Geoffroy Léonard (Illustration)

Pas besoin d’être expert pour s’en rendre compte: le prix de l’immobilier belge a explosé depuis plusieurs années. Pour mieux comprendre cette tendance, Immoweb, un des sites de référence sur le marché national, s’est penché sur l’évolution des prix immobiliers par région et par province depuis 10 ans. Voici ce qu’il en ressort.

1Le prix au m² explose depuis dix ans

Selon Immoweb, en Belgique, le prix de l’immobilier a augmenté de 27,9% en dix ans pour atteindre 2.164€/m².

"Cette hausse, qui se fait ressentir à partir de fin 2015, correspond à la baisse progressive des taux d’emprunts hypothécaires", fait remarquer le site en ligne dans un communiqué. Pour preuve, le prix de l’immobilier belge a bondi de 23,5% en l’espace de cinq ans seulement.

Mais si toutes les régions du pays profitent d'une hausse importante de leur attractivité depuis quelques années, quelques différences persistent encore. Ainsi, la capitale reste plus attrayante pour les acheteurs. En dix ans, le prix médian des biens bruxellois a bondi de 31,1% pour atteindre 3.242€/m². Pas étonnant dès lors qu'on y retrouve sept des dix communes les plus chères du Royaume, selon Immoweb.

Derrière Bruxelles, c’est la région flamande qui tire le mieux son épingle du jeu avec une augmentation moyenne de 29% de ses prix immobiliers en dix ans. Pour un mètre carré dans le nord du pays, il faut donc débourser, en moyenne, 2.256 euros.

Enfin, la Wallonie ferme ce classement national avec un bond de 24% de ses prix médians pour atteindre 1.627€/m².

2Le Luxembourg, toujours plus recherché

Plus localement, les prix de l’immobilier belge ont grimpé le plus fortement dans les zones urbaines du nord du pays. Cette hausse atteignant 38% en dix ans seulement.

Mais si les prix médians dans les provinces d’Anvers et de Flandre orientale ont notamment bondi de 35% depuis 2011, une province wallonne fait (presque) aussi bien: le Luxembourg.

Profitant de sa proximité avec le Grand-Duché, le Luxembourg enregistre la 3e plus forte progression nationale (+33%) de ses prix depuis dix ans.

3La Wallonie et ses zones rurales, plus attractives grâce au Covid

Comme observé depuis deux ans bientôt, la crise sanitaire n’a pas freiné la dynamique de ces dernières années. Au contraire, elle l’a même boosté.

Ainsi, depuis avril 2020, Immoweb constate une augmentation des prix de l’immobilier belge de l’ordre de 10,4%. Ce qui correspond "quasi au double du rythme d’augmentation annuelle des mois précédant la crise, passant d’une hausse annuelle de 3,5% avant Covid en moyenne à 6% après le Covid".

Et contrairement aux années précédentes, c’est la Wallonie qui tire cette fois son épingle du jeu. Ce que confirme Immoweb.

"Alors que Bruxelles et la Flandre étaient en tête du marché les mois précédant la crise avec une évolution annuelle de 5% et 3,4%, suivies de la Wallonie avec 3,1%, ce classement se retrouve totalement inversé depuis avril 2020, dessinant les contours d’une nouvelle géographie immobilière."

Avec 11,1% d'augmentation du prix moyen de ses biens, la Wallonie devient donc la région du pays la plus attractive, devant la Flandre (+10,5%) et Bruxelles (+7,4%).

Comme tendent à le confirmer les chiffres d’Immoweb, c’est de nouveau le Luxembourg qui voit sa côte exploser (+17,6%) depuis le début de la crise sanitaire. Plus verte que toute autre région du pays, la province voit le prix moyen de ses biens bondir. Suivent le Limbourg (+13,4%) et le Hainaut (+12,6%).

Et ce qui plaît le plus souvent en Wallonie en ce moment? Les zones rurales (+13,9%) plutôt que les villes (+10,5%), et les maisons (+12% contre +6% avant la crise) plutôt que les appartements.

"Les zones qui semblaient être plus en retrait jusqu’à présent semblent donc être les grandes gagnantes de demain", conclut le site en ligne.