Parcs nationaux: sept candidats et seulement deux élus

Sept territoires wallons postulent pour obtenir le label de Parc national. Et les importants subsides européens qui y sont liés.

P.L.
Philippe CARROZZA

C’est un des gros dossiers du plan de relance de la Wallonie et il vient de franchir une étape supplémentaire. Sept candidatures ont en effet été déposées suite à l’appel à projets visant à créer deux parcs nationaux en Wallonie.

Il s’agit des territoires Entre-Sambre-et-Meuse, Famenne-Ardenne, Forêt d’Anlier, Forêts de Brabant, Hautes-Fagnes, Massif de Saint-Hubert et Vallée de la Semois (voir ci-dessous).

Sept candidats, c'est "un immense succès", note la ministre wallonne de l'Environnement Céline Tellier (Écolo), qui souligne l'enthousiasme partagé pour valoriser le patrimoine naturel et renforcer la biodiversité. Mais sept candidats, ce sera aussi cinq déçus puisque les ministres Céline Tellier et sa collègue au Tourisme Valérie De Bue (MR) n'envisagent la création que de deux parcs. Mais, dit-on au cabinet de la ministre de l'Environnement, les cinq déçus n'auront pas tout perdu. Le résultat de l'évaluation de leur candidature par le comité d'experts pourrait très bien servir de base à la mise en place d'autres projets en faveur de la nature et de la biodiversité, même s'ils ne sont pas labellisés "parc national". Avec à la clé, peut-être aussi, des aides wallonnes dans un autre contexte. Comme la reconnaissance de nouvelles aires protégées (1 000 hectares par an sous cette législature) ou la restauration de certaines zones dans le cadre des projets LIFE (préservation de biotopes spécifiques).

Deux lauréats fin 2022

Le comité d’évaluation va donc désormais se pencher sur l’admissibilité des candidatures sur base des critères fixés par le gouvernement wallon. Il s’agit principalement de proposer un territoire d’une superficie minimale de 5 000 hectares, dont 75% sont d’intérêt biologique confirmé et 40% bénéficient d’un statut de protection. Cette superficie peut toutefois être morcelée à condition que la zone principale couvre au moins 2 500 hectares et 500 hectares chacune pour les zones additionnelles.

Quant aux autres critères d’évaluation, ils portent sur la valeur actuelle du territoire concerné et ses opportunités de développement sur le plan de la nature et du tourisme sur la contribution du projet aux objectifs régionaux en matière de nature et biodiversité, de climat et mobilité, d’économie et de social, d’éducation et de sensibilisation et sur la gouvernance du projet et sa solidité organisationnelle et financière.

À l’issue de cette évaluation, quatre dossiers seront présélectionnés par le gouvernement en décembre prochain. Ils construiront alors un projet détaillé durant dix mois, avant une nouvelle évaluation du comité. Le gouvernement sélectionnera les deux ultimes lauréats en décembre 2022.

La création de ces deux parcs nationaux est soutenue par l’Union européenne à hauteur de 28 millions d’euros. Les quatre projets présélectionnés bénéficieront d’une subvention pour l’établissement des plans directeur et opérationnel de maximum 250 000€. Les deux lauréats pourront en outre bénéficier d’une subvention de maximum 13 millions€ chacun pour réaliser leur projet de parc national.