«Gros black-out», «réveil dans des draps pleins de sang»...: les témoignages accablants de victimes d’agressions sexuelles dans des bars du Cimetière d’Ixelles s’empilent

Elles sont des dizaines à témoigner depuis lundi sur Instagram, victimes de viols et d’agressions sexuelles. Leurs histoires sont parfois dures à entendre. Elles appellent au boycott de ces deux bars du Cimetière d’Ixelles.

Charlotte Egli
«Gros black-out», «réveil dans des draps pleins de sang»...: les témoignages accablants de victimes d’agressions sexuelles dans des bars du Cimetière d’Ixelles s’empilent
Deux cafés sont visés par les témoignages des jeunes femmes: le Waff et le El Cafe. ©Google Street View

«Après une sortie au Waff, gros black-out le lendemain, des bleus sur mon corps, une sensation “particulière” au niveau de mon vagin, comme si on m’était clairement rentré dedans. Des douleurs à l’entrecuisse, j’avais un tampon, il a disparu», témoigne anonymement une victime d’agression sexuelle sur Instagram, via le compte Féminismebxl.

«Je me suis réveillée un jour après être sortie au El Café, dans mes draps plein de sang. Sans culotte, ni pantalon, juste mon pull. Un emballage de capote par terre. J’avais aucun souvenir. J’ai appelé des amies à la rescousse et l’une d’entre elles a été montrer ma photo au staff du bar. Un serveur lui a expliqué qu’il m’avait «portée» chez moi et qu’il avait «craqué», mais que rien de grave ne s’était passé. Malgré les preuves du contraire, j’ai voulu le croire et j’ai enfermé cette histoire au fond de moi». Certaines victimes ont porté plainte depuis cette libération de la parole sur Instagram.

Leurs histoires semblent faire l'état du même modus operandi. Elles parlent d'un serveur qui les embrasse, qui les entraîne ensuite vers les toilettes de l'établissement avant de les y laisser et de téléphoner à leurs proches pour leur demander de venir les chercher. Nous évoquions déjà, hier, cette sordide affaire au Cimetière d'Ixelles. Le parquet a confirmé l'ouverture d'une enquête.

Un truc que des serveurs font avec les filles, c’est qu’ils leur offrent blindé de shots, et sûrement pas que des shots. Après, elles ont un black-out et ils en profitent

«Un truc que plusieurs serveurs font toujours avec les filles, c’est qu’ils leur offrent blindé de shots, et sûrement pas que des shots. Après, elles ont un black-out et ils en profitent pour les b…», nous explique une source qui dénonce que plusieurs serveurs se comporteraient de cette façon.

«Trou noir «, «aucun souvenir», «une gorgée de bière et un black-out total», les témoignages de victimes droguées dans l’un des deux bars s’accumulent. Pour certaines, elles rentreront saines et sauves. Toutes n’auront pas cette chance. «Je n’ai que des flashs de la soirée. Je me suis finalement réveillée avec lui dans mon lit et je sais pertinemment que dans mon état normal je n’aurais jamais accepté de coucher, d’avoir une relation intime avec cette personne», lit-on encore sur Instagram. Les faits décrits par les victimes datent de cet été, mais remontent pour certains jusqu’à plusieurs années.

Je n’ai que des flashs de la soirée. Je me suis réveillée avec lui dans mon lit et je sais pertinemment que dans mon état normal je n’aurais jamais accepté de coucher