Comment les trottinettes ont tué les petits trajets en Villo

Le service de vélos partagés voit ses locations courte durée s’effondrer. Une baisse de 22 % par rapport à 2014

Comment les trottinettes ont tué les petits trajets en Villo
En attendant les nouvelles batteries, la petite reine pédale dans la semoule. ©BELGA
Romain MASQUELIER

Acteur clé de la mobilité bruxelloise, le service de vélos partagés Villo semble avoir souffert de la concurrence occasionnée par les autres moyens de micromobilité. À son arrivée dans la capitale en 2009, Villo comptait 2 000 bicyclettes pour 23.967 abonnements annuels. L’année d’or du service de vélo partagé a été 2014 : 37. 176 abonnements annuels et, sur cette année, 87.439 abonnements «de courte durée» (formule d’un à sept jours), ce qui a représenté au total 1. 645 .779 locations sur l’année 2014.

Mais après 2014, les chiffres ont baissé. En 2020, Villo comptait 29 111 abonnements annuels, à savoir une baisse de 22 % par rapport à 2014. Mais c’est au niveau des abonnements de courte durée que la baisse a été la plus forte, et principalement après 2018: seuls 40.818 abonnements courts ont été enregistrés en 2020, une chute de 53 % en comparaison avec 2014.

«Villo a été impacté par l’arrivée de la première vague de trottinettes électriques, qui ont pu pour certains représenter une alternative pour une utilisation occasionnelle. Il y a sans doute un lien avec la baisse du nombre d’abonnés courte durée qui est fortement marquée en 2019, année de ces différents lancements», commente Jérôme Blanchevoye de la société JCDecaux.

De facto, le nombre de locations a baissé lui aussi, moins 23 % entre 2014 et 2020. Cependant, le «facteur confinement» et la généralisation du télétravail doivent être pris en considération dans l’analyse des données de 2020.

Batteries pas encore livrées

Les nouvelles batteries Villo se font toujours attendre et aucune date n’a encore été communiquée pour leur remise en circulation. En juin dernier, les 4.500 batteries ont pour rappel été rappelées à cause d’un problème de court-circuit. Ces petites batteries portatives, à installer dans le panier devant la bicyclette, permettaient de transformer le Villo en véritable vélo électrique partagé (un «eVillo»).

«Nous attendons les batteries avec impatience. L’assistance électrique a été améliorée et cela sera un grand plus pour les usagers», se réjouit Jérôme Blanchevoye. De même : le responsable belge de Villo annonce qu’il sera prochainement possiblement de réserver un vélo. Une bonne nouvelle pour les utilisateurs de l’hypercentre où les petites reines partagées se font parfois rares aux heures de pointe.

Villo comptait en 2020 pas moins de 4 .325 vélos dans la capitale, pour 350 stations réparties sur l’ensemble des 19 communes bruxelloises.