«Impulsif au point de ne pas admettre la perte d’une simple casquette»: culpabilité pour meurtre requise à l’encontre de Mourad Harrouchy

L’avocate générale a requis la culpabilité de Mourad Harrouchy pour meurtre. Ce Bruxellois de 22 ans est accusé du meurtre de Dimitri Lueya, commis dans une voiture qui circulait à Laeken en 2019.

«Impulsif au point de ne pas admettre la perte d’une simple casquette»: culpabilité pour meurtre requise à l’encontre de Mourad Harrouchy

L'avocate générale a requis, mercredi, devant la cour d'assises de Bruxelles, la culpabilité de Mourad Harrouchy pour meurtre. Pour l'accusation, les éléments constitutifs du meurtre sont réunis, à commencer par l'arme utilisée et la zone du corps visée par les coups. Mourad Harrouchy, âgé de 22 ans, est accusé du meurtre de Dimitri Lueya, commis dans une voiture qui circulait à Laeken, dans la nuit du 1er au 2 novembre 2019. L'affaire semble avoir éclaté pour autour de la disparition d'une casquette.

La représentante du ministère public a estimé que la qualification de meurtre correspondait à la réalité des faits. La magistrate a notamment relevé que cette qualification avait déjà été retenue par la juge d’instruction et les juridictions d’instruction. Elle a essentiellement exposé que, pour que le meurtre soit établi, il suffit de démontrer que l’acte posé est de nature à entraîner la mort, ce qui est le cas lorsque l’auteur utilise un couteau et poignarde la victime au point de perforer un organe vital.

La partie civile comme le ministère public ont estimé que, sur base des témoignages, il apparaît que l’accusé est impulsif au point de ne pas admettre la perte d’une simple casquette et qu’il est passé à l’acte pour combler une fissure narcissique.

«Mourad lui cassait la tête avec sa casquette depuis le matin»

Ce mardi à la cour d’assises de Bruxelles, un ami de M. et de la victime a été entendu sur cette affaire de casquette. Le témoin a raconté qu’il était un ami de M., qui conduisait la voiture dans laquelle les coups de couteau ont été donnés, et un ami de la victime, Dimitri Lueya. Il a déclaré que Dimitri et Mourad Harrouchy ne se fréquentaient pas habituellement, mais que c’est M. qui «ramenait de temps en temps» Mourad dans leur groupe.

«Le jour des faits, j’ai eu un contact avec M. concernant la disparition de la casquette de Mourad la veille. M. m’a dit que Mourad lui cassait la tête avec ça depuis le matin», a-t-il évoqué. «Plus tard, vers 23h-00h, j’ai reçu un appel paniqué de M. qui m’a dit que Mourad avait poignardé Dimitri. Il m’a dit qu’il était à l’hôpital Paul Brien à Schaerbeek et je m’y suis rendu avec d’autres amis. C’est là qu’on a appris le décès de Dimitri», a-t-il raconté. «Je n’avais jamais vu ni Mourad ni Dimitri en possession d’un couteau», a-t-il précisé.

«Dimitri avait la chemise pleine de sang»

La cour d’assises de Bruxelles avait entendu la veille le témoignage de M., l’homme qui conduisait le véhicule dans lequel la victime a été poignardée. «G., sur le siège passager, a crié: «arrête-toi, arrête-toi». Je me suis arrêté et on est descendu de la voiture. On a déverrouillé les portières de l’arrière et G. a ouvert la portière gauche, Dimitri avait la chemise pleine de sang», a-t-il relaté.

«Quand on a ouvert les portes, Mourad et Dimitri continuaient à se battre. G a fait sortir Dimitri. Mourad est sorti tout seul de son côté. Je lui ai dit: «qu’est-ce que t’as fait à mon pote? Et je lui ai pris le couteau des mains. Le couteau est tombé par terre et puis là, on s’est dit: «on va à l’hôpital». Avant de remonter dans la voiture, Mourad a repris le couteau», a déclaré le témoin.

«J’ai foncé, j’ai brûlé des feux et je disais à Mourad: «t’es un fou, regarde ce que t’as fait». Il s’est mis à pleurer. Ensuite, on est arrivé à l’hôpital. J’ai dit à Dimitri: «reste avec moi. Sois fort». Après, une fois que Dimitri a été admis aux urgences, j’ai laissé partir Mourad. Je ne pensais pas que Dimitri allait mourir. J’ai pensé qu’on réglerait ça après», a-t-il raconté.

Sa famille: «Mourad gentil et respectueux»

Ce mardi encore, des proches de Mourad Harrouchy, essentiellement des membres de sa famille, l’ont décrit devant la cour d’assises de Bruxelles comme quelqu’un de gentil, de respectueux et de réservé.

La maman de Mourad Harrouchy l’a décrit comme quelqu’un de gentil et respectueux qui aime s’habiller à la mode avec des vêtements de marque. Son frère, quant à lui, l’a également décrit comme une personne gentille, calme et réservée. Sa sœur a ensuite déclaré que Mourad, en «petit dernier» de la famille, a été gâté par tout le monde, même «surprotégé» par ses frères et sœurs après la séparation de leurs parents. Elle l’a décrit comme quelque de têtu, parfois susceptible et sur la défensive, mais poli et serviable.

Trois de ses amis l’ont dépeint comme quelqu’un de calme mais «pouvant s’énerver très vite». Ils ont ajouté que Mourad Harrouchy avait un grand cœur, qu’il était généreux et qu’il voulait «jouer un rôle» ou «représenter quelque chose».

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