Rochefort: «Le relogement est un défi majeur pour les communes sinistrées»

Un mois après la catastrophe, le CPAS redouble d’efforts pour trouver un toit à de nombreux ménages.

Rochefort: «Le relogement est un défi majeur pour les communes sinistrées»
À Rochefort, près de 4 000 personnes ont été sinistrées suite aux inondations de la mi-juillet. Beaucoup ont tout perdu, y compris leur foyer. Pour répondre aux nombreuses demandes, l’installation de logements modulaires est étudiée. ©ÉdA – Florent Marot
Vincent Desguin

Selon les derniers chiffres arrêtés mardi dernier, Rochefort comptait 3 882 sinistrés suite aux inondations exceptionnelles de la mi-juillet. Ce qui représente quelque 1 780 ménages. Parmi eux, nombreux sont ceux à avoir perdu leur foyer. Dans les communes sinistrées, la question de leur relogement est centrale. «C'est un défi majeur, confirme Janique Lejeune, présidente du CPAS de Rochefort tout en évoquant la course contre la montre qui s'est engagée face à Dame Nature. Nous sommes encore dans une période où les températures sont clémentes, mais d'ici quelques semaines, voire quelques mois, le climat ne sera plus ce qu'il est.» Le temps presse. Au CPAS de Rochefort, les demandes affluent, y compris de personnes qui n'avaient jusqu'alors jamais sollicité ses services.

Pour rappel, dès les premières heures de la catastrophe, des solutions d'urgence ont dû être trouvées. Des dizaines et des dizaines de personnes ont ainsi transité par le domaine des Masures, une propriété de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui accueille d'ordinaire des classes vertes. «Il a été mis à disposition jusqu'au 30 juillet. Par la suite, certaines personnes ont pu regagner leur logement, d'autres ont trouvé des solutions ou se sont tournées vers celles proposées par les assistantes sociales du CPAS», explique Janique Lejeune. Grâce aux services de l'Action Sociale, 22 logements publics ou privés, se trouvant ou non sur le territoire communal, ont pu être attribués. Ceux-ci l'ont été en fonction des besoins émis par les sinistrés qui pourront y rester quelques semaines, voire quelques mois, le temps pour eux de mener à bien les travaux de rénovation de leur domicile, par exemple.

Une situation qui évolue en permanence

Si pour certains des solutions plus pérennes se dégagent, pour d'autres, la situation est toujours aussi compliquée. «Actuellement, 34 ménages, soit 88 personnes, sont demandeurs d'un logement d'urgence. Et 13 ménages, soit 20 personnes, sont demandeurs d'un relogement à moyen terme.»

Près d'un mois après la catastrophe, les chiffres continuent à évoluer d'heure en heure. D'une part, il y a les sinistrés qui, attachés à leur bien, ont voulu continuer à l'occuper avant de se résoudre à accepter que la salubrité des lieux ne permettait plus d'y séjourner sereinement. Pour quelques locataires, ce sont leurs propriétaires qui leur demandent de quitter leur maison afin de réaliser les travaux qui s'imposent. Dans d'autres cas encore, ce sont les experts dépêchés par les assurances qui ont tranché. «28 bâtiments sont touchés par un arrêté d'inhabitabilité», ajoute l'élue.

Logements modulaires

Pour rencontrer les nombreuses demandes, la Ville et le CPAS envisagent l'installation de conteneurs pour loger les sinistrés dans le besoin. «La piste des logements modulaires est à l'étude, mais il reste à définir les contours de ce projet», indique Janique Lejeune qui pense voir ce dossier aboutir dans les prochaines semaines.

Cette solution a l'avantage de ne pas déraciner les sinistrés. «Leur commune, c'est leur lieu de vie, ils y sont attachés. Par ailleurs, il y a d'autres aspects importants à prendre en compte, comme la proximité avec leur lieu de travail ou encore l'établissement scolaire des enfants. On sait à quel point l'école est un point de repère dans leurs vies.»