Torture, poings gonflés, sang séché, amphètes: les accusés du meurtre de Sebastian Hurcewicz déclarés coupables

Il a fallu délibérer jusqu’au milieu de la nuit. Mais le jury de la cour d’assises de Bruxelles a finalement reconnu coupables les 5 accusés du meurtre de Sebastian Hurcewicz. L’homme avait été enroulé dans un tapis et jeté dans des immondices.

Torture, poings gonflés, sang séché, amphètes: les accusés du meurtre de Sebastian Hurcewicz déclarés coupables

Le jury de la cour d'assises de Bruxelles a reconnu, mercredi vers minuit, Daniel Poplawski, Lukasz Sredzinski, Hubert Mystkowski et Monika Nazarczuk coupables du meurtre de Sebastian Hurcewicz. Il a par ailleurs reconnu Kinga Poplawska coupable de non-assistance à personne en danger. Le corps sans vie et gravement mutilé de Sebastian Hurcewicz avait été découvert sur un tas d'immondices, dans le quartier Bockstael à Laeken, le 11 mars 2017.

Le jury a suivi en tout point le réquisitoire de l’avocate générale Catherine Ramaekers et la plaidoirie de la partie civile, représentée par Me Pierre Chomé et Me Samuel Rosenblatt. Les jurés ont ainsi établi qu’Hubert Mystkowski et Lukasz Sredzinski étaient les auteurs du meurtre et que Daniel Poplawski et Monika Nazarczuk étaient les co-auteurs, par abstention coupable.

Les jurés ont aussi reconnu Lukasz Sredzinski coupable de torture.

Quant à Kinga Poplawska, poursuivie uniquement pour non-assistance à personne en danger, les jurés ont considéré qu’elle était également coupable.

Poings gonflés, sang séché

Concernant Hubert Mystkowski, le jury a tenu compte du fait qu’il a admis avoir été présent sur les lieux et avoir donné trois coups à la victime. Ce dernier a toutefois déclaré qu’il avait quitté l’appartement de Daniel Poplawski vers 3h, la nuit des faits. Or, relève le jury, la téléphonie montre qu’il est bien resté sur place toute la nuit. Par ailleurs, il a été vu le lendemain matin dans l’immeuble par un voisin, qui a remarqué ses poings gonflés et ses mains présentant des traces de sang séché.

Concernant Lukasz Sredzinski, le jury a tenu compte de ses aveux et des déclarations concordantes des autres accusés, selon lesquelles celui-ci a bien porté des coups à la victime. Un voisin a également aperçu Lukasz Sredzinski le lendemain des faits, sur le palier de l’appartement de Daniel Poplawski, avec un short taché de sang.

Concernant Daniel Poplawski, le jury a retenu qu’il était bien présent sur le lieu des faits, bien qu’il ait affirmé être dans une autre pièce que les autres, à jouer sur son ordinateur. Le jury a relevé aussi qu’il a mis des amphétamines à disposition des autres, en connaissant bien les effets d’une telle substance. «Il ne s’est pas opposé d’une manière concrète et évidente» à l’agression, ont-ils dit, «cette abstention a constitué un encouragement à la perpétration du crime».

Rire

Au sujet de Monika Nazarczuk, le jury a établi qu’elle a été continuellement présente durant les faits et qu’elle a même «incité et encouragé les violences en accablant la victime [son petit-ami] de reproches». Cela ressort d’un enregistrement sonore d’une partie de l’agression. Sur cette bande, Monika Nazarczuk est aussi entendue en train de rire. «C’est peu crédible avec les sentiments de peur dont elle a fait part devant la cour», a noté le jury, «tout comme avec sa fuite en Pologne après les faits en compagnie d’Hubert Mystkowski».

Enfin, concernant Kinga Poplawska, le jury a tenu compte du fait qu’en entrant dans l’appartement de son frère Daniel, elle a pu constater que la victime était au péril de sa vie. Elle a déclaré elle-même que celle-ci l’a suppliée de l’aider. Le jury a constaté que Kinga Poplawska était ensuite remontée dans son appartement sans être menacée par les autres et qu’elle avait un GSM. Elle aurait donc pu appeler les secours sans se mettre elle-même en danger.

Le débat sur les peines se tiendra mercredi dès 11h00.

© 2022 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.