L’emploi surpayé de la mère de Moreau

Elle a été gratifiée de 30 ans d’ancienneté et a reçu une assurance groupe gonflée grâce au pécule de vacances et au treizième mois.

Sarah Rasujew
L’emploi surpayé de la mère de Moreau
«Je ne savais pas qu’il s’agissait de la maman de Stéphane Moreau.» ©BELGA

Henri Huygen, 72 ans, l’ancien président du conseil d’administration de la Société des Logements du Plateau est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Liège pour faux, usage de faux et détournements de deniers publics dans le cadre de l’engagement de la maman de Stéphane Moreau, Josette B.

Le ministère public ne s’est pas opposé à une sanction de principe pour celui qui était inculpé aux côtés de quatre personnes dont Stéphane Moreau.

Seul Henri Huygen a refusé de payer une transaction. Il avait été désigné au poste de président en 2002: « Je suis arrivé là par la politique. C'était une place que l'on m'avait attribuée car je devais être échevin, mais j'étais en conflit avec le clan Daerden où Moreau se trouvait à l'époque avant d'être en conflit avec Daerden.» La maman de Stéphane Moreau a travaillé en France jusqu'en 1997. « Je venais d'être mis en place à la tête de la société de logement lorsque le ministre Michel Daerden m'a fait une demande d'engagement. Il m'a également parlé de son ancienneté. Je ne savais pas qu'il s'agissait de la maman de Stéphane Moreau. J'ai demandé au directeur gérant de réaliser son interview en vue de son engagement. Il a été interloqué. J'ai su plus tard qu'il ne l'avait pas interrogée avant engagement.»

Cette dame a travaillé au sein du cabinet de Michel Daerden, mais jamais dans la fonction publique, elle a pourtant reçu un salaire calculé avec trente ans d’ancienneté dans la fonction publique. Une décision non signée par le conseil d’administration comme cela aurait dû être le cas.

Ensuite, elle a obtenu une police d’assurance groupe calculée avec dix ans d’ancienneté, alors que ce n’était pas le cas, et les avantages alors qu’elle aurait dû être calculée à partir du salaire brut, qui avait déjà été largement gonflé.

« Je me suis senti complètement floué», a poursuivi le prévenu. M Jean-Louis Gilissen a plaidé le dépassement du délai raisonnable, mais aussi l'acquittement au bénéfice du doute de son client qui n'aurait pas eu d'intention délictueuse, n'aurait pas profité du faux. « On a essayé de l'utiliser pour avoir une sorte de couverture», a estimé l'avocat.