L’incroyable découverte signée Jacques Jordaens retrouvée dans l’hôtel de ville de Saint-Gilles

Une œuvre de première importance du maître baroque Jacques Jordaens a été retrouvée dans l’hôtel de ville de Saint-Gilles. Une découverte qualifiée d’incroyable. Cette «Sainte Famille de jeunesse» quittera cependant Saint-Gilles.

L’œuvre du maître baroque anversois Jacques Jordaens découverte en 2019 dans l’hôtel de ville de Saint-Gilles a été authentifiée comme la version la plus ancienne connue d’une composition de «La sainte famille», ont annoncé les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) mardi dans un communiqué. L’œuvre, qui sommeillait dans le cabinet de l’échevin de l’urbanisme depuis près de 60 ans, a longtemps été considérée comme une simple copie.

La version de la Alte Pinakothek de Munich.

Cette composition de «La sainte famille» a été utilisée par Jordaens dans trois autres tableaux conservés dans les prestigieux Metropolitan Museum de New York, l’Ermitage de Saint-Pétersbourg et l’Alte Pinakothek de Munich, ont ajouté les MRBAB.

Le précieux panneau peint a pu être attribué avec certitude à Jacques Jordaens, aux alentours de 1617-1618, grâce à la collaboration scientifique entre l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) et les experts internationaux du Jordaens Van Dyck Panel Paintings Project, après plus d’un an de recherches approfondies.

Au centre, la version saint-gilloise. À gauche, celle du MET. À droite, celle de l’Ermitage.

« ’est un moment d’émotion extraordinaire de découvrir une œuvre inédite de l’un des plus grands peintres baroques», se félicite Constantin Pion, historien de l’art à l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA). «Tout comme celui de vivre l’enquête scientifique fascinante qui a permis de révéler que cette “Sainte famille” est une peinture de jeunesse et constitue un jalon important dans l’œuvre de Jacques Jordaens.

L’analyse minutieuse de ce panneau de Jordaens a également révélé que le bois utilisé provenait du même arbre que celui employé par le jeune Antoine van Dyck (1599-1641), autre maître de la peinture baroque, dans plusieurs de ses compositions. Cela renforce l’hypothèse que les jeunes Jordaens et Van Dyck étaient actifs simultanément dans l’atelier de Rubens, ont souligné les Musées royaux.

«La sainte famille», âgée de plus de 400 ans, va bénéficier au sein de l’IRPA d’une vaste campagne de restauration d’un an financée par urban.brussels.

L’IRPA au travail sur le Jordaens saint-gillois.

« ette découverte marque vraiment les esprits! C’est l’occasion idéale pour souligner l’importance de l’inventaire du patrimoine bruxellois», s’enthousiasme Hilde De Clercq, directrice générale de l’IRPA. «Dès que le tableau se sera affranchi de ses couches de vernis jaunis et de ses retouches assombries, vous pourrez découvrir de vos propres yeux ce “nouveau” Jordaens au Musée Old Masters. Il y sera exposé dans ses couleurs d’origine fin 2021.

« ette œuvre de jeunesse de Jacques Jordaens est passionnante. Une œuvre de jeunesse ne dit pas tout du peintre de la maturité, mais elle s’exprime souvent avec une fulgurance que la maturité assagit», comment le Bourgmestre de Saint-Gilles Charles Picqué (PS). «Je suis également très heureux que grâce à cette redécouverte, les projecteurs se dirigent aussi sur les trésors qui ornent les murs et les plafonds de l’hôtel de ville de Saint-Gilles. Les Khnopff, Lambeaux ou Dillens auraient encore été plus enthousiastes de travailler pour l’hôtel de ville s’ils avaient su, qu’un jour, un maître comme Jordaens y entrerait.

 Constantin Pion, historien de l’art à l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), le Bourgmestre de Saint-Gilles Charles Picqué et Joost Vander Auwera, conservateur art ancien aux MRBAB et cofondateur du Jordaens Van Dyck Paintings Project

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