«Simplement trop grande», la pub Coca-Cola doit disparaître de la place De Brouckère

La publicité Coca-Cola de la place De Brouckère doit s’en aller. Le permis du panneau LED sur l’ancien hôtel Continental a expiré. Le secrétaire d’État Pascal Smet veut en profiter pour repenser la pub sur la place.

J. R.
«Simplement trop grande», la pub Coca-Cola doit disparaître de la place De Brouckère
L’iconique publicité Coca-Cola de la place De Brouckère, qui a déjà créé polémique pour son éclairage LED trop puissant et animé, n’a pas reçu de renouvellement de permis. ©ÉdA – Julien RENSONNET

«L’ancien panneau en néon n’avait-il pas plus de charme?»

Cette question, Pascal Smet la pose à propos de l’iconique publicité Coca-Cola de la place De Brouckère. Et à dessein: le permis pour l’enseigne rouge qui trône sur l’ancien hôtel Continental arrive à échéance. Et d’après le média bruxellois néerlandophone Bruzz, le secrétaire d’État à l’Urbanisme veut le voir démonté. «Il est hors de proportion», estime Smet.

La saga concernant la pub relâche donc de nouvelles bulles. En 2011 déjà, lors du placement du nouvel équipement LED, sa luminosité était remise en cause. Tout comme sa capacité à diffuser des films et animations. Un permis d'urbanisme sur mesure a été établi après des tests estivaux en 2013. Il faut dire que l'affichage rouge sanguin rapportait à l'époque 10.000€ mensuels à la Ville de Bruxelles.

 Le limonadier s’affiche sans interruptions depuis des décennies sur la place De Brouckère. On l’y voit ici avant le creusement du métro, au début des années 70.
Le limonadier s’affiche sans interruptions depuis des décennies sur la place De Brouckère. On l’y voit ici avant le creusement du métro, au début des années 70. ©BELGA

Le cabinet Smet confirme ce 18 novembre 2020 que le fonctionnaire régional d’urban.brussels a refusé d’accorder un nouveau permis au panneau LED, «simplement trop grand». Le permis délivré par la Ville avait une durée de 6 ans. La décision a été signifiée à Coca-Cola. La Ville devra elle aussi notifier le refus après quoi la marque agira en conséquence.

Quid au centre Monnaie?

Le secrétaire d’État one.brussels souhaite en profiter pour débattre de l’avenir de la pub sur la place De Brouckère. Pas uniquement celle du limonadier au mythique lettrage lié, mais aussi de l’immense mur LED fixé en face, sur la façade du Centre Monnaie, à l’impact lumineux tout aussi vif.

«Avec la Ville, nous allons réfléchir si nous voulons encore de la pub sur cette place», annonce le socialiste à nos confrères. «Dans l’affirmative, nous déciderons selon quels critères: en termes de taille, mais aussi de style». L’élu ne cache pas sa préférence pour le vintage. «L’ancien panneau nostalgique par exemple, était plus stylé et avait son charme».

 En face de la pub pour la multinationale du soft s’affiche aussi cet écran LED, placé sur la façade du centre Monnaie. La question de son maintien est aussi posée par Smet.
En face de la pub pour la multinationale du soft s’affiche aussi cet écran LED, placé sur la façade du centre Monnaie. La question de son maintien est aussi posée par Smet. ©ÉdA – Julien RENSONNET

Cette réflexion se fera dans un contexte plus large d’un inventaire des pubs présentes dans la capitale, tant sur les espaces publics régionaux que communaux.

«Un attachement» pour un symbole à 12.000€

Du côté de la Ville, Lydia Mutyebele Ngoi, échevine du Patrimoine public (PS), rappelle à l’agence Belga qu’une photographie de 1957 atteste de la présence de la publicité Coca-Cola sur l’hôtel Continental au moins à compter de cette date. Plus tôt encore, il y avait une autre pub à cet emplacement.

Toujours à Belga, la porte-parole du bourgmestre Philippe Close (PS) Wafaa Hammich, , remarque que la Ville perçoit une redevance mensuelle de 12.000 euros de Coca-Cola et que les gens «paraissent exprimer un attachement à ce qui semble devenu un symbole avec le temps».