Coronavirus: la Monnaie souhaite remplir la moitié de sa salle lors de la nouvelle saison

Le théâtre royal de la Monnaie inaugurera la nouvelle saison 2020-2021 le week-end des 12 et 13 septembre avec un opéra virtuel, filmé et diffusé en direct. Mais à partir d’octobre, il s’attend à recevoir le public sur place.

Coronavirus: la Monnaie souhaite remplir la moitié de sa salle lors de la nouvelle saison

La Monnaie a déposé une demande afin de pouvoir remplir la moitié de son théâtre, a annoncé le directeur général et artistique, Peter De Caluwe, lors d’une conférence de presse ce jeudi.

La production qui ouvrira la saison lyrique est la création mondiale «Is This The End?». Ce pop requiem reflète parfaitement la situation actuelle. Ni les interprètes, ni le public n’entreront en contact les uns avec les autres lors de cet opéra à suivre en direct sur le site internet de La Monnaie.

Le premier volet de cette nouvelle partition en trois parties s’intitule «Dead little girl». «C’est une pièce réalisée et donc ancrée dans l’époque où nous vivons. Sommes-nous morts ou non? S’agit-il d’une phase intermédiaire ou d’une période qui continuera à déterminer notre vie? C’est ce qui la rend si actuelle», a expliqué Peter De Caluwe.

En ce moment, La Monnaie met en place un protocole qui lui permettra de recevoir le public en toute sécurité. La maison d’opéra a déposé une demande pour remplir la moitié de sa salle, soit près de 600 spectateurs, tous munis de masques. Le premier véritable opéra physique, «Die tote Stadt», est prévu le 22 octobre. Des mesures seront également prises sur scène, puisque l’orchestre a été réduit de 92 à 57 musiciens et que les artistes lyriques devront respecter une distance de cinq mètres entre eux. Pour chaque grande production, La Monnaie prévoit en outre de tester tous les employés qui y contribueront.

La Monnaie a été l’une des premières institutions culturelles à fermer ses portes à cause de l’épidémie de Covid-19. De nombreuses productions et répétitions ont dû être interrompues sur-le-champ, mais tous les projets qui n’ont pas pu avoir lieu au printemps se sont vus attribuer une nouvelle date dans les saisons à venir. Ainsi, les investissements faits pour les décors et les costumes n’ont pas été perdus. Quant aux artistes, ils n’ont pas perdu leur contrat, mais leur revenu. La Monnaie a néanmoins décidé de leur verser 20%, bien que cela ne soit pas nécessaire en cas de force majeure. «Cela montre que nous sommes une grande famille. Sans cette famille, La Monnaie n’existe pas», a déclaré Peter De Caluwe. La maison d’opéra a cependant signalé que depuis le mois de mars, elle n’a pas été en mesure de proposer du travail à quelque 90 employés indépendants.

En raison de l’interruption de la saison, le déficit financier à la fin de l’année est estimé entre 1 et 1,5 million d’euros. En temps normal, le système de tax-shelter fournit à l’opéra un soutien net de 4 millions d’euros, mais au vu des circonstances actuelles, 2,8 millions d’euros ont été perdus.

Il existe également des nouvelles positives, puisque 90% des abonnés ont renouvelé leur abonnement. Ils seront prioritaires pour les représentations, bien qu’ils puissent être placés quelques rangs plus bas ou plus haut en raison des mesures de sécurité. Enfin, La Monnaie a récolté 240.000 euros de soutien grâce aux personnes qui n’ont pas demandé le remboursement de leur billet.

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