Coronavirus | Pas de solution pour le Jeu de Balle: «Le Fédéral met à mal tout un quartier»

Le marché aux puces du Jeu de Balle ne peut toujours pas reprendre. Alors que les brocanteurs étranglés ont annulé une action de colère ce lundi, ils dénoncent «une discrimination avec les centres commerciaux». L’échevin bruxellois des Affaires économique Fabian Maingain s’en prend au Fédéral. Une pétition est lancée.

J. R.
Belga
Coronavirus | Pas de solution pour le Jeu de Balle: «Le Fédéral met à mal tout un quartier»
Le tableau n’est guère optimiste au Jeu de Balle. ©EdA - Julien RENSONNET

D’après les informations de L’Avenir, une action des brocanteurs du Jeu de Balle prévue ce lundi 18 mai aux aurores a été annulée en dernière minute, la police ayant fait planer des menaces d’amende covid sur les manifestants. Ceux-ci regrettent qu’aucune solution ne soit encore en place pour ranimer les puces, véritable poumon économique pour ses 300 exposants habituels, mais aussi tout un quartier.

Une dizaine de marchands se sont toute fois réunis pour faire savoir qu'ils lancent une pétition exigeant la réouverture des 7000m2 de pavé marollien. Selon le Président des Amis du Vieux Marché Michel Deschuytere, cette superficie doit permettre d'installer un marchand tous les 10m2. «On est en plein air, ce sont des objets qu'on peut ne pas prendre en main...», plaide l'ébéniste, qui craint pour les petits revenus qui dépendent des puces.

«Rue Neuve, il y a beaucoup de monde»

Comme ce 14 mai pour L’Avenir, Bernadette Lauzin, marchande de vêtements de seconde main, souligne à nouveau la différence de traitement «incompréhensible» d’avec les centres commerciaux. «Les experts s’accordent à dire que la contamination est plus négligeable en plein air. À City 2, des gens circulent dans la galerie alors qu’il y a les respirations, la ventilation... Rue Neuve, il y a beaucoup de monde dans chacun des sens de circulation». La vendeuse plaide une nouvelle fois pour un marché «à un peu plus de 50 stands» où une tournante serait organisée.

L'échevin bruxellois des Affaires économiques Fabian Maingain réagit à cette colère, répétant ce qu'il confiait à L'Avenir le 14 mai, au lendemain du dernier CNS. «Suite à l'arrêté ministériel de la semaine dernière interdisant spécifiquement les brocantes et marchés aux puces, il n'y a pas de solution possible actuellement pour le Marché du jeu de balle», déplore l'édile. «En interdisant celui-ci, outre la discrimination avec l'ensemble des commerces non essentiels, le Fédéral met à mal toute la reprise économique d'un quartier dont le marché est le cœur battant». Maingain souligne d'ailleurs que «la reprise économique de l'horeca dépendant également de la tenue de ce marché, il est impératif de trouver une solution avant le 8 juin 2020».

Aussi le cabinet de l’échevin amarante met-il sur pied «une action de promotion et de redécouverte du quartier, en collaboration avec les commerçants marolliens». Celle-ci est en cours. Et Maingain de grincer: «il est décevant de voir que le Fédéral porte un sentiment de défiance envers la capacité de bonne organisation de ses pouvoirs communaux qui ont pourtant, depuis le début de la crise, démontré leur efficacité en palliant les lacunes d’autres pouvoirs».