Coronavirus: 200 coachs dans un pôle d’accompagnement d’urgence pour les entreprises bruxelloises

Un «pôle régional d’accompagnement d’urgence pour les entreprises bruxelloises» réunit les acteurs clefs de l’économie de la capitale. 200.000€ sont débloqués pour coacher les entrepreneurs. L’expérience des attentats permet de cibler les actions.

Coronavirus: 200 coachs dans un pôle d’accompagnement d’urgence pour les entreprises bruxelloises
L’horeca sera une nouvelle fois durement touché à Bruxelles. ©Photo News

«Ce soutien apporte une bouffée d’oxygène quand on est une petite structure, tous confinés avec des enfants en bas âges…!» Comme Nicolas De Keghel, gérant de Au Guidon vert, expert en vélos cargo, ils sont 300 entrepreneurs à avoir eu recours au pôle d’accompagnement d’urgence lancé depuis 2 semaines à Bruxelles.

La structure de ce «pôle régional d’accompagnement d’urgence pour les entreprises bruxelloises» mis sur pied dans le cadre de la crise du covid-19 repose sur un partenariat entre divers acteurs régionaux du monde de l’entreprise: le Centre pour Entreprises en difficulté (CEd) de Beci, hub.brussels, les Guichets d’Économie Locale (GEL), les plateformes d’Auto Création d’Emploi (ACE) et finance&invest.brussels. Son rôle: «épauler les entrepreneur.e.s dans la gestion de la crise du Covid-19 et les aiguiller vers les partenaires adéquats». Budget: 200.000€.

Nous nous sommes basés sur la cellule de relance post-attentats. Ce que vivent les entreprises n’est pas pareil, mais les dispositifs sont comparables.

Concrètement, «près de 200 conseillers sont mobilisés: coaches, comptables, juristes, spécialisés dans les démarches administratives, en export, en médiation ou experts dans les secteurs prioritaires tels que le commerce, les soins de santé, l’audiovisuel, le tourisme, les nouvelles technologies, l’économie circulaire». Un questionnaire online à remplir «dès les premiers problèmes» lance le suivi «dans les 24h». Un rendez-vous sera fixé «endéans les 3 jours ouvrables». Un coup de fil au 1819 peut aussi permettre de débroussailler l’initiation du dossier.

Barbara Trachte, Secrétaire d’Etat bruxelloise à la Transition économique (Ecolo), souhaite par là «apporter des réponses concrètes. Aider les PME et TPE à se sauver et, éventuellement, à s’adapter, c’est aussi travailler au redéploiement et à la transition de l’économie bruxelloise». Le concept repose aussi sur l’expérience du précédent choc ayant frappé les entreprises bruxelloises: les attentats. «Nous nous sommes basés sur la cellule de relance de l’époque», argue Annelore Isaac, en charge de la coordination de ce nouveau pôle pour hub.brussels. «Ce que vivent les entreprises n’est pas pareil, mais les dispositifs sont comparables». Objectif: «une réponse la plus rapide possible et un accompagnement ciblé et personnalisé». Isabelle Grippa, directrice de hub.brussels, abonde: «nos conseillers peuvent aider à prendre des décisions cruciales: faut-il ou non développer une nouvelle activité, se lancer dans de nouveaux développements, quels coûts maintenir, quels coûts réduire...»

L’adversité a donné naissance à des comportements positifs, comme la mutualisation des efforts. À l’image de ce fleuriste et de ce pâtissier qui ont partagé camionnette puis actions marketing.

Chez Beci, on se félicite de l’initiative. On souligne aussi le rôle de la solidarité. «L’adversité a donné naissance à des comportements positifs, comme la mutualisation des efforts», note Olivier Kahn, coordinateur du Centre pour Entreprises en difficulté (CEd) de Beci. «À l’image de ce fleuriste et de ce pâtissier situé côte à côte, qui ont partagé une camionnette puis des actions marketing. Cela compresse les coûts. La communication, le marketing, la logistique se prêtent très bien à cet exercice».

Pour soulager les trésoreries des PME et TPE, différents mécanismes financiers seront mobilisés par finance&invest.brussels: un moratoire sur les crédits existants, des crédits sans demande de garantie pour les acteurs de l’Horeca de plus de 50 ETP et leurs fournisseurs, des garanties via le Fonds de Garantie et des microcrédits de maximum 15.000€ à un taux d’intérêt de 1,75% via sa filiale Brusoc.