L’avocat star Olivier Martins a-t-il participé à l’évasion du baron de la drogue? Le parquet ne commente pas

Le parquet de Bruxelles a clos l’enquête visant l’avocat Olivier Martins et demande le renvoi de celui-ci en correctionnelle. Le célèbre pénaliste bruxellois avait été inculpé du chef de membre d’une organisation criminelle. Le dossier remonte à la tentative d’évasion du baron de la drogue «Le Bombé» à la prison de Saint-Gilles.

L’avocat star Olivier Martins a-t-il participé à l’évasion du baron de la drogue? Le parquet ne commente pas

Le parquet de Bruxelles a clos l’enquête visant l’avocat pénaliste Olivier Martins et demande le renvoi de celui-ci devant le tribunal correctionnel, annonce la Dernière Heure mardi. «Il n’y aura pas de commentaire tant que le dossier n’est pas renvoyé devant la chambre du conseil car toutes les parties n’ont pas encore pu prendre connaissance du dossier», a uniquement indiqué suite à cette information Stéphanie Lagasse, porte-parole du parquet de Bruxelles. Selon la Dernière Heure, le parquet requerra en chambre du conseil le renvoi en correctionnelle d’Olivier Martins pour organisation criminelle en tant que dirigeant, pour prise en otage en tant que coauteur et pour tentative d’évasion en tant que coauteur.

L'avocat bruxellois Olivier Martins avait été inculpé du chef de membre d'une organisation criminelle en mars 2017 et placé sous mandat d'arrêt pendant plusieurs jours. Il est soupçonné d'avoir été impliqué dans la tentative d'évasion de la prison de Saint-Gilles du trafiquant de drogue Mohamed Benabdelhak, dit «le Bombé», survenue le 13 avril 2014.

Quatre personnes masquées et armées qui avaient débarqué

Ce jour-là, une avocate française avait rendez-vous avec le détenu à la prison, mais ce sont quatre personnes masquées et armées qui avaient débarqué. Elles s’étaient présentées en tant qu’officiers de police aux portes de la prison, vers 20h15. Le personnel ne les avait néanmoins pas laissées entrer. Elles étaient ensuite revenues avec une camionnette et s’en étaient servi comme bélier pour enfoncer la porte. La première porte du sas avait cédé, mais pas la deuxième. Elles avaient alors tiré sur les verrous avec des armes lourdes et pris en otage une infirmière qui se rendait sur son lieu de travail.

La tentative d’évasion a échoué en 2014. Une avocate a été arrêtée.

Les auteurs n’avaient toutefois pas réussi à faire évader le baron de la drogue et avaient pris la fuite. Une course-poursuite s’était alors engagée mais la police avait préféré cesser la prise en chasse dès que les malfrats ont commencé à tirer à la kalachnikov tous azimuts sur le ring de Bruxelles.

Les véhicules utilisés par les suspects avaient été retrouvés plus tard, calcinés.

En juin 2015, l’avocate fançaise de Mohamed Benabdelhak et deux autres personnes avaient été interpellées. Ensuite, en mars 2017, c’est l’avocat Olivier Martins ainsi qu’un restaurateur, Luigi M., et son fils, David M., qui avaient été interpellés dans le cadre de cette enquête.

Par ailleurs, certains médias avaient évoqué un possible lien entre cette tentative d’évasion et l’assassinat en 2016 de Frédéric et Claude Hilger. Ces deux frères, plusieurs fois condamnés dans des affaires de grand banditisme, avaient disparu le 8 mars 2016. Deux jours plus tard, des restes de leurs corps avaient été retrouvés, dissous dans de l’acide, à l’intérieur d’une camionnette repêchée dans le canal à Seneffe.

Selon ces médias, l’enquête aurait montré que le jour de leur disparition, les frères Hilger se rendaient dans l’un des restaurants que possèdent Luigi et David M., situé Porte de Namur à Ixelles.

Mais encore, l’acide dans lequel les corps des frères Hilger avaient été dissous aurait été acheté chez un droguiste de Kampenhout, Johan Verhaege, qui tenait un magasin à Schaerbeek et qui avait été tué début mai 2016.

Faire disparaître des preuves?

Enfin, un possible lien entre ces affaires et l’incendie criminel survenu en août 2016 à l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC) à Neder-Over-Heembeek avait aussi été évoqué. Cet incendie aurait eu pour but de faire disparaître des preuves dans le dossier concernant l’assassinat des frères Hilger.

Les auteurs de l’incendie se seraient concentrés sur une chaussure, retrouvée dans la camionnette repêchée à Seneffe. Il apparaîtrait encore que, peu de temps avant cet acte criminel, un individu se faisant passer pour un enquêteur de la police de Charleroi avait réclamé cette chaussure.