Une centaine de toxicomanes inscrits à la salle de shoot à Liège

Le bilan est satisfaisant à l’aube du premier mois de fonctionnement de la salle de consommation à moindre risque pour usagers toxicomanes de Liège. À ce jour, 108 consommateurs ont signé le règlement d’ordre intérieur.

Une centaine de toxicomanes inscrits à la salle de shoot à Liège

Puisqu’il s’agit majoritairement de personnes vivant en rue, l’objectif consistant à toucher un public fortement désinséré est atteint, a-t-on appris lundi auprès du cabinet du bourgmestre de la ville de Liège.

Liège avait ouvert le 5 septembre dernier la première salle de consommation dite à moindre risque de Belgique. À l’approche du premier mois de fonctionnement, le bilan que tire la Ville est satisfaisant puisqu’aucun incident n’est à épingler. Au niveau des riverains, on ne relève pas de plaintes particulières.

À ce jour, 108 consommateurs ont signé le règlement d’ordre intérieur de la salle imposant le respect de certaines dispositions. Il s’agit majoritairement d’usagers vivant en rue. La Ville se réjouit ainsi d’avoir atteint l’un des objectifs fixés, à savoir attirer un public fortement désinséré, et touché un tiers du public visé. En effet, selon les estimations, quelque 300 personnes toxicomanes sont susceptibles de s’y présenter.

«Au 30 septembre, on dénombre 550 passages, ce qui correspond à une moyenne de 21 par jour avec un pic très récent à 52 passages. La plage horaire 12 h 30-16 h 30 est celle qui rencontre le plus de patients», précise-t-on à la Ville.

Le public est à 90% masculin et consomme de l’héroïne, de la cocaïne et du speed ball (mélange cocaïne/héroïne). La moyenne d’âge se situe entre 26 et 45 ans. Alors que l’héroïne est autant consommée en injection qu’en inhalation, la cocaïne l’est majoritairement en injection.

Un autre point positif est constaté au niveau de l’échange de seringues, qui est amplifié par l’ouverture de la salle. En effet, le nombre de seringues récupérées (3 745) est supérieur à celles échangées (3 419).

Ce bilan, certes positif, incite davantage encore Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, à affirmer que cette salle n’est que le maillon d’une chaîne. «Il faut rouvrir le dispositif Tadam qui soignait avec succès les usagers ayant accepté de s’inscrire dans le programme de distribution contrôlée d’héroïne. Il faut également accentuer la prévention, par le biais d’une politique sans tabou, ainsi que, avec l’aide de la police fédérale, la lutte contre les trafiquants et les mafias de la drogue qui gangrènent nos quartiers», insiste-t-il.

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