Adieu, moules, steaks, crevettes: la Ville confisque les menus disgracieux dans l’îlot Sacré

Les menus à photos, où s’affichent moules, homards et des frites en gros plans, c’est parfois moche dans un centre-ville. Surtout si les ruelles qui hébergent les restos ont leur charme historique. Alors la Ville de Bruxelles a sévi: elle a confisqué tout ce qui contrevenait à son règlement.

Adieu, moules, steaks, crevettes: la Ville confisque les menus disgracieux dans l’îlot Sacré

Les agents de la cellule Contrôle de la Ville de Bruxelles, accompagnés de l’échevin de l’Urbanisme et du Patrimoine Geoffroy Coomans de Brachène, ont procédé jeudi après-midi à l’enlèvement des porte-menus non conformes à la réglementation «Grand-Place-Unesco», en vigueur dans l’îlot Sacré. L’ensemble des restaurants ont été contrôlés. Au total, 12 établissements étaient en infraction et une trentaine de porte-menus ont été confisqués.

Cette action intervient à la suite d’une décision prise en date du 16 novembre dernier par le Collège de la Ville de Bruxelles. Elle concerne la rue des Bouchers, la petite rue des bouchers, la rue Grétry, la rue des Dominicains, l’impasse de la Fidélité et la rue d’Une personne, qui constituent le quartier de l’îlot Sacré.

«Plus d’une dizaine de panneaux disgracieux avec photos de plats»

La réglementation «Grand-Place Unesco» établit la manière dont les porte-menus doivent être mis en place dans cette zone particulière. Celle-ci limite notamment la taille, l’emplacement, ou encore le nombre des porte-menus à un maximum de deux par établissement. Ils peuvent indiquer des informations sur les tarifs, les menus et les services de l’établissement, mais les représentations des plats cuisinés sont interdites.

«Certains exploitants, peu respectueux du patrimoine, placent parfois, sur leur devanture, plus d’une dizaine de panneaux disgracieux avec photos de plats», remarque Geoffroy Coomans de Brachène. «La présence de ces porte-menus constitue également le principal élément de racolage dans l’îlot Sacré. Cette pratique, trop souvent encore utilisée, est illégale et prohibée par le Collège».

Les propriétaires et exploitants concernés ont été prévenus de la décision du Collège par un premier courrier en février, suivi d’un second par recommandé en mai. Aucun de ces courriers n’a suscité de réactions. Les porte-menus confisqués par la Ville seront détruits.

Le Collège de la Ville entend réhabiliter l’îlot Sacré. «Cela passe par le réaménagement des voiries et des façades et par un changement de l’éclairage et des devantures commerciales, explique l’échevin. «Nous mettons également un point d’honneur à faire revenir les Bruxellois dans ce quartier historique de Bruxelles en diversifiant l’offre commerciale et en réintroduisant du logement».