Assassinat de David Ervinckx: «Fayçal Boutouil est le pigeon de cette affaire», selon sa défense

Me Thomas Puccini pense que son client, Fayçal Boutouil, est «le pigeon à qui les autres essayent de faire porter un chapeau trop grand pour lui». Jeudi, l’avocat a contesté la plaidoirie de la défense de Patrick Bastin, laquelle avait désigné son client comme l’auteur des tirs qui ont tué David Ervinckx, le 28 mars 2013 à Mellet (Les Bons Villers). L’avocat a demandé d’écarter plusieurs pièces du dossier qui sont défavorables à son client «et qui ne respectent pas les droits de la défense».

Assassinat de David Ervinckx: «Fayçal Boutouil est le pigeon de cette affaire», selon sa défense

Me Thomas Puccini dit «être frustré» par cette affaire «car on n’arrivera pas à la vérité» mais il est convaincu que Fayçal Boutouil n’est pas l’auteur des coups de feu qui ont tué David Ervinckx.

Au sujet de la scène de crime, l’avocat constate que «rien n’indique dans le dossier que les portières de la voiture étaient verrouillées» mais il ajoute que plusieurs témoins, qui sont intervenus pour porter secours à David Ervinckx, ont dit que les deux fenêtres du véhicule étaient ouvertes. Selon Me Puccini, les faits se sont déroulés tellement vite qu’il est possible que Fayçal Boutouil n’ait pas eu le temps de sortir David Ervinckx de l’habitacle afin de lui porter des coups, peu importe s’il avait sa ceinture de sécurité ou pas.

«Bastin est le tueur»

Me Puccini rejoint les parties civiles et l’accusation en déclarant que Fayçal Boutouil et Patrick Bastin étaient tous les deux autour de la voiture de la victime. «Boutouil dit être intervenu du côté conducteur alors les éléments du dossier démontrent que les tirs viennent du côté passager». Donc, pour lui, Patrick Bastin est le tireur, «et il est le seul à avoir un intérêt à le faire».

Il poursuit, «si on considère que Boutouil est le tireur, le seul qui peut lui demander de tuer est Bastin car Boutouil n’a eu aucun contact avec les autres accusés», poursuit l’avocat. Pour lui, la thèse du «coup de sang» n’a pas de sens, d’autant que Boutouil avait été recruté pour ses talents de boxeur, contre 2.000 euros.

Me Puccini argumente sa plaidoirie par le rapport d’expertise en santé mentale opérée sur Patrick Bastin et note «une capacité de dissimulation […] une tendance à se cacher et s’accrocher derrière l’autre pour passer à l’acte». L’avocat traduit cela: «il n’a pas le courage d’agir seul». Il ajoute que, a contrario, son client est capable de gérer son stress.

Un rôle secondaire

L’avocat constate aussi que son client est arrivé, au maximum, six jours avant les faits, soit le 22 mars. Il n’a donc pas participé aux repérages effectués un mois plus tôt. «Le 28 mars, à 18h55, c’est Christophe Petit qui appelle Patrick Bastin. Le contrat était visiblement de supprimer David Ervinckx et Bastin était au courant, pas Boutouil». Me Puccini a aussi pris note que l’avocat de Patrick Bastin avait déclaré que de la cocaïne avait été retrouvée dans la voiture de Boutouil, «c’est un détail mais il ne s’agissait pas de cocaïne comme on pu le constater les experts», et il ajoute «que la douille d’arme de guerre retrouvée chez Boutouil n’a rien à voir avec le pistolet de calibre 6.35 qui est l’arme du crime».

Le 25 mars, Boutouil s’accapare du téléphone d’un ami et y introduit une carte de téléphone prépayée. Il téléphone ensuite à la victime pour lui fixer un rendez-vous au 21 de la rue de Wayaux à Mellet, trois jours plus tard. Les 30 et 31 mars, Fayçal Boutouil n’est pas présent lors du partage de l’argent. «Seul Bastin dit avoir remis 6.000 euros à Boutouil mais cela n’est pas prouvé», ajoute l’avocat qui demande aux jurés de confronter les éléments objectifs du dossier aux déclarations des uns et des autres. «M. Boutouil accepte qu’il a joué un rôle mais il refuse d’endosser le rôle du tireur», affirme son avocat.

De «faux» aveux?

Au sujet des enquêteurs qui ont déclaré avoir eu ses aveux, l’avocat précise que cet interrogatoire a été réalisé alors que son client était en état de détresse. Il a demandé à la cour d’écarter cette pièce du dossier comme l’y autorise le code d’instruction criminelle. Au sujet du polygraphe, défavorable à son client, l’avocat remarque aussi que l’interrogatoire n’a pas été filmé et estime que ce test n’est pas fiable à 100%, «un peu comme la poudre qui lave plus blanc que blanc». Pour la défense de Fayçal Boutouil, le jury ne doit pas le déclarer coupable d’homicide. En sanglots, Fayçal Boutouil avait répondu à sa maman qu’il n’avait pas tiré sur David Ervinckx.

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