Victime d'un abbé pédophile, il réclame 83 000 € à Mgr Léonard

Joël Devillet a été victime de faits de mœurs alors qu’il était enfant de cœur à Aubange. Aujourd’hui, il réclame réparation.

Sarah Rasujew
Victime d'un abbé pédophile, il réclame 83 000 € à Mgr Léonard
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La 20e chambre de la cour d'appel civile de Liège a entamé un dossier introduit par Joël Devillet, d'Aubange, à l'encontre de Monseigneur Léonard qui était évêque de Namur-Luxembourg. Joël Devillet était enfant de cœur. En 1987, alors qu'il était âgé de 14 ans, il a commencé à être victime de faits de mœurs de la part de l'abbé Hubermont qui officiait à Aubange dans le Luxembourg. Les faits ont continué jusqu'en 1991. D'après Joël Devillet, la hiérarchie de l'église, au courant des faits, ne lui a jamais conseillé de déposer plainte et lui aurait fait des promesses pour qu'il garde le silence. Par l'entremise de son avocat, Me Marc Kauten d'Arlon, il a introduit une procédure d'appel. Il estime que Monseigneur Léonard a fait preuve de passivité. «Nous réclamons, à Monseigneur Léonard, en sa qualité de supérieur hiérarchique, des dommages et intérêts pour ne pas avoir dénoncé aux autorités judiciaires des viols qui sont considérés comme des crimes par le code pénal, explique Me Kauten. Il en avait le devoir. De ce fait, M. Devillet n'a pas pu être reconnu dans sa qualité de victime.»

Les abus ont été tardivement dénoncés aux autorités et le tribunal correctionnel d’Arlon a dû constater la prescription des faits.

L'avocat souhaite également dénoncer le renvoi de son client du séminaire. «Il a été renvoyé pour des motifs futiles, explique l'avocat. Il n'a pas été auditionné préalablement parce qu'il commençait à gêner et à déranger. On l'a mis dehors sans préavis.»

Un grave préjudice

Son client aurait subi un grave préjudice tant sur le plan moral que pécunier. Mais d'après Me Kauten, l'essentiel ne serait pas l'argent. «Il y avait une sorte de loi du silence, d'Omerta. Il est nécessaire que la qualité de victime de mon client soit reconnue pour lui permettre de se reconstruire. Une plainte a été introduite au tribunal civil de Namur concernant le fait que l'église aurait étouffé les faits. En 2013, le tribunal civil de Namur l'a déclarée non fondée». En appel, Joël Devillet réclame 63 000€ d'indemnités à la suite de l'éviction du séminaire et 20 000€ pour responsabilité quasi délictuelle à Monseigneur Léonard. Quant à Me Malherbe, l'avocat de Monseigneur Léonard, il estime que la requête d'appel est nulle et irrecevable. La cour devrait rendre sa décision le 23 avril prochain.