Fromage wallon au Liban et à l’île Maurice

Laurent, un technicien fromager du pôle de Ciney, a appris la technique de confection du fromage wallon au Liban et à l’île Maurice.

Michel Motte
Fromage wallon au Liban et à l’île Maurice
MOT-fromage ©EdA

Le savoir-faire fromager wallon s’exporte. Oui. Et même parfois de façon tout à fait originale. Par le bouche-à-oreille. C’est la méthode qu’a déjà employée plusieurs fois Laurent Demeffe, 31 ans, de Sinsin, technicien et formateur au pôle fromager de l’Epasc à Ciney depuis quasiment dix ans. Le fruit du hasard ou le hasard des rencontres. Participant à un voyage d’études axé sur les visites de fromageries normandes organisé par l’IFAPME de Villers-le-Bouillet, il rencontre un moine maronite, le père Joseph Semaan qui réside alors à l’abbaye Saint-Charbel d’Ophain Bois Seigneur Isaac. Le Liban s’ouvre au technicien fromager cinacien. Il y est invité, en décembre 2012, par le père supérieur Miled Tarabay, du monastère maronite Saint-Maron, à Annaya, un village situé en haute montagne qui surplombe la ville de Byblos. Cette localité est un haut lieu de pèlerinage maronite et abrite le monastère où repose saint Charbel, un moine ermite libanais maronite devenu le saint patron du Liban; il a été canonisé en 1977. Le sanctuaire emploie de 450 à 650 personnes. Il comprend une partie religieuse et une autre plus commerciale, dont une ferme abritant des vaches laitières, et une usine agroalimentaire qui valorise tous les produits du monastère, notamment le lait. Pendant trois semaines, de façon tout à fait privée, Laurent y partagera son savoir faire fromager et formera du personnel afin de développer une gamme complète de produits laitiers européens: fromages à pâte pressée, à pâte molle, croûte lavée, croûte fleurie, fromage frais, lactique affiné, confiture de lait, beurre, etc. Le travail se répartira de façon à joindre l’utile à l’agréable: formation et partage de connaissances d’une part, gîte, couvert et tourisme d’autre part.