Jean-Paul Rosette, d e Theux, Mister Carat-Duchatelet

Entre deux voyages d’une semaine de prospection, le boss de Carat Duchatelet-Capital People SA, le Theutois Jean-Paul Rosette nous conte son business…

Jean-Paul Rosette, d e Theux, Mister Carat-Duchatelet
Jean Paul Rosette (Carat Ducatelet) ©EdA Philippe Labeye
Jean-Louis rensonnet

«Entrepreneur», le Theutois Jean-Paul Rosette l'a «toujours été depuis l'âge de 25 ans». Et «plutôt orienté informatique» puisqu'à la base c'est ce type d'études qui l'a formé à St-Laurent Liège. Premier résultat? «Avec mon frère Francis on a créé 'de Tésor'à Verviers, société qui faisait de la vente, de l'installation de systèmes informatiques et autres et qui est devenue aujourd'hui Flexos». Holding Flexos, coté en bourse, qui allait reprendre une société de St-Quentin dans le cadre d'une procédure d'entreprise en difficulté au tribunal de commerce. «Pas complémentaire, plutôt parallèle» cette acquisition de Clarilog dans le secteur de l'informatique. Et le toujours PDG de cette grosse pointure internationale de commenter. «La reprise de Clarilog et certaines complexités de reprise d'une société en difficulté m'ont donné l'expertise qui m'a certainement permis de reprendre Carat-Duchatelet sans avoir à l'époque aucune idée de la reprendre un jour… ça n'était nullement prémédité!» La preuve, c'est par les médias qu'il a découvert son actuel business automobile. «Courant février 14, j'ai vu dans le journal les événements qui secouaient Carat-Duchatelet, que la société détenue par des actionnaires US avait des difficultés financières, organisationnelles, humaines telles qu'elle était proche de la faillite. Qu'après une 1re procédure de mise en réorganisation judiciaire ayant échoué la société se plaçait dans une 2e procédure ouverte, avec recherche d'un repreneur…» Une info qui décide Jean-Paul Rosette «à contacter les mandataires de justice, le tribunal de commerce de Liège, pour qu'ils (lui) envoient le dossier». La suite? «J'ai travaillé avec des conseillers financiers qui me sont proches depuis longtemps, on a visité les lieux, analysé la rentabilité, réalisé des projections, des simulations de reprises du personnel… Étape après étape on a monté le dossier, cherché des partenaires pour m'aider pour arriver à un financement de 1/3 sur fonds propres, 1/3 fonds bancaires, 1/3 fonds publics. Ce qui s'est réalisé avec la Sogepa, Belfius et moi avec 3 autres personnes de la province, dont une travaille avec moi comme directeur d'exploitation». Un quatuor privé où Jean-Paul Rosette est «actionnaire majoritaire avec 51%», ses 3 collègues détenant 49%. «Ce ne fut pas un long fleuve tranquille. Quand les gens m'interrogeaient au début sur mes chances de reprise, je disais 1%. Après une semaine, ce n'était que 3%… Et le jour de la décision, le 2 mai, une des audiences les plus marquantes du tribunal de commerce, de 10 à 15 h, cela a été une bagarre de procédures avec les avocats des Américains. Pas une rigolade, très tendu… mes conseils m'ont même donné objectivement… le conseil d'abandonner l'affaire, vu la procédure inextricable. Mais comme les conseilleurs ne sont pas les payeurs, qu'en fin de… compte je prends la décision, que j'aime les challenges… je peux dire que j'ai eu raison de ne pas abandonner!» Un choix qui pèse quelques carats!