La boucherie « Le Traditionnel » fermée

Dominique Lespire, l’un des derniers artisans bouchers de Pepinster ferme «Le Traditionnel». Cela sonne le glas d’un commerce vieux de presque 100 ans.

Sarah Rentmeister
La boucherie « Le Traditionnel » fermée
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Il a rangé son tablier, vidé ses frigos et verrouillé définitivement la porte de sa petite boucherie de la rue Neuve à Pepinster pour partir aiguiser son couteau de boucher ailleurs, comme employé. Dominique Lespire n'avait plus assez de ses dix doigts pour compter les années passées comme indépendant boucher dans son commerce «Le Traditionnel». Et pourtant, il y a quelques semaines, le commerçant a dû mettre la clé sous le paillasson. «Mon chiffre d'affaires est en chute des suites de la conjoncture actuelle et mes charges augmentent. Je ne joins plus les deux bouts . J'arrête», s'attriste-t-il. Avec des contributions et cotisations sociales qui atteignent le plafond, conjuguées à «des exigences de plus en plus grandes de l'AFSCA» (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire), c'est la décision qui lui a semblé la plus sage. « L'État n'aide vraiment pas les petits indépendants. Je suis harcelé de toutes parts: TVA, contributions, contrôles. La dernière fois, l'AFSCA m'a fait jeter une cinquantaine de boulets qui sortaient du four les estimant en surchauffe, à tort! exemplifie-t-il. Si c'était sale chez moi, je n'aurais jamais tenu 16 ans dans mon commerce. Il y a déjà longtemps que j'aurais fait faillite», s'exclame-t-il. Boucher depuis trente ans, la moitié du temps comme apprenti puis ouvrier dans ce qui était alors la boucherie familiale Jason et l'autre moitié comme patron par la suite, Dominique Lespire regrette de ne pas avoir pu tenir jusqu'en 2017. «La boucherie Jason est née en 1917. J'aurais bien voulu fêter le centenaire du commerce en tant que boucherie mais je n'aurais pas su tenir jusque-là.» Au grand dam d'ailleurs des clients «qui pour certains ont versé quelques larmes». Il faut dire que ses boulettes, son jambon et ses saucissons maison vont manquer aux Pepins. Avec lui, c'est encore tout un savoir-faire artisanal qui meurt. Mais avec l'espoir qu'un petit jeune réenfile le tablier puisque Dominique Lespire va tout mettre en œuvre pour attirer un repreneur et louer son espace pour une bouchée de pain…

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