Dans les cimetières de 14-18 à Mini-Europe

Mini-Europe a inauguré jeudi son parcours «Remember 14-18» et vient ainsi marquer à sa façon le centième anniversaire de la Première Guerre mondiale. Il consiste principalement en plus de 500 tombes reconstituant les cimetières belges de la Grande Guerre.

L’initiative se veut pédagogique et est déclinée en trois volets: un court lien entre 14 monuments existants de Mini-Europe et la Guerre 14-18, une interprétation au 1/25e de cinq cimetières du front de la Sambre et de l’Yser et une information sur les conséquences de 14-18 sur l’Union européenne.

Parmi les lieux funéraires reproduits, le cimetière anglo-allemand de Saint-Symphorien (Mons) «symbolise la douleur des deux côtés du front».

«Les tombes juives ou musulmanes accentuent l’universalité du conflit, puisque des troupes coloniales françaises combattaient au front. Le monument aux Canadiens est là pour témoigner de l’internationalisation du conflit», soulignent les responsables du parc d’attractions bruxellois.

Une miniature a été particulièrement travaillée, celle représentant la trêve de Noël. Elle «s’appuie sur une gravure au lieu-dit de Saint Yvon (commune de Warneton): des Britanniques et des Allemands discutent, boivent ensemble quand quelques-uns jouent au ballon.»

Dans les cimetières de 14-18 à Mini-Europe

En chiffres


+ Les cimetières occupent environ 10 m².
+ 1900 heures de travail de maquettiste en interne.
+ Environ 540 tombes des différentes nationalités venant de 5 cimetières.
+ 13 bonzaïs «juniperus», choisis pour leur forme et leurs aiguilles persistantes.
+ 45 arbres miniatures «acer».
+ 10 m² de Sedum pour les couvre-sols autour des cimetières.

Dans les cimetières de 14-18 à Mini-Europe

5 cimetières flamands


+ Le Cimetière français de Saint Charles de Potyzealigne les croix de soldats français, dont des tombes de différentes confessions et de troupes coloniales sénégalaises, marocaines, algériennes et tunisiennes. Le calvaire breton montre une famille pleurant son mort.

+ Les Cimetières allemands de Vladslo et de Langemark s'abritent sous les arbres. Peu de tombes, mais plutôt des plaques avec la liste des morts. Deux ensembles de sculptures interpellent le visiteur dont les 'les parents affligés' de la sculptrice Käthe Kollwitz.

+ Le Cimetière belge d'Houthulstcontient les tombes de Belges et d'Italiens.

+ Le Cimetière britannique et du Commonwealth «aéroplane» ainsi appelé car aménagé à l'époque à côté d'une carcasse d'avion.

+ Le Mémorial des forces canadiennes à St Julien évoque le sacrifice de soldats canadiens et indirectement la dimension mondiale du conflit.

Dans les cimetières de 14-18 à Mini-Europe

1 cimetière wallon


+ Le Cimetière de St Symphorien mélange tombes allemandes et britanniques dans un environnement boisé. Il présente aussi les tombes du premier et du dernier soldat britannique tué dans ce conflit.

Dans les cimetières de 14-18 à Mini-Europe

La trêve de Noël

Décembre 1914, loin de leurs foyers, les soldats allemands et britanniques fêtent Noël. Puis vient l’incroyable. Des hommes des deux camps font la trêve et se rencontrent autour d’une boisson chaude ou d’un ballon. L'épisode a été reconstitué sur base d'une gravure.

«Cet épisode de la trêve de Noël entre les soldats allemands et britanniques prouve que l'humanité peut tout transcender», déclare Thierry Meeùs, directeur de Mini-Europe. «La charge émotionnelle de ces cimetières et de cette trêve porte un message de la nécessité de solidarité et de fraternité à transmettre à notre jeunesse et donne un véritable sens aux notions de 'vivre ensemble' et de 'vivre en paix'. Au lendemain des élections européennes, souvenons-nous que l'Europe nous a offert 70 ans de paix. Il faut voir le chemin parcouru entre ces tombes alignées, conséquences des conflits entre Européens, et les 70 ans de paix grâce à la collaboration entre Européens».