Disparu depuis les années 90, le chicon bruxellois retrouve sa (pleine) terre

Erik et Philippe relancent la culture du chicon bruxellois dans la terre sablonneuse de Haren. Jusqu’aux années 70, la petite entité de la commune de Bruxelles vivait du witloof. Mais l’industrie et la spéculation immobilière ont flétri son aura. Jusqu’à cet hiver…

Julien Rensonnet
Disparu depuis les années 90, le chicon bruxellois retrouve sa (pleine) terre
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Dans l’air sec de ce printemps trop précoce, les cris des gosses s’élèvent de l’école communale de Haren. Mais la chaleur ne réjouit pas tout le monde dans le quartier. Au calme de la rue du Camp, Philippe Delchevalerie plonge de lourds plots de béton dans les fosses qu’il creuse, suant déjà sous le soleil de midi. «On est en retard, avec ces températures». Des arcs sont plantés au-dessus de la terre labourée. Ils soutiendront une serre, la plus grande de cette enfilade de potagers parsemée d’abris de jardin préfabriqués et de toboggans en plastique colorés. «Pour cultiver toute l’année, on va planter des fraises et des tomates. Puis on repassera aux chicons».