«Au Parvis de Saint-Gilles, les prolos vont au Louvre et les bobos à la Maison du Peuple»

Des cafés bobos aux clochards vidant leurs canettes à la sortie du métro, le Parvis de Saint-Gilles concentre les inégalités. Mais s’y côtoient aussi pâtisseries aux amandes du Maghreb, soupes de légumes bio et pils polonaise. La pièce «Les Pavés du Parvis» vous emmène prendre un verre sur cette place emblématique d’une Bruxelles à la dure, drôle et métissée.

Julien Rensonnet
«Au Parvis de Saint-Gilles, les prolos vont au Louvre et les bobos à la Maison du Peuple»
les pavés du parvis ©Photo William Murphy sous licence Creative Commons via Flickr & La Charge du Rhinocéros

Un clochard embrumé se faufile brusquement entre deux tables. Cigarettes roulées au bec, deux lecteurs de Libé y discutent politique extérieure. Un peu contraints par leurs convictions, les idéalistes mettent la main à la poche. Un merci guttural embourbé dans ses moustaches, le vieux s’éloigne. La discussion reprend, sur le «mariage pour tous» cette fois . En toile de fond, les crieurs du marché matinal bradent leurs derniers raviers de fraises espagnoles. Les bobos les boudent en ce pluvieux mois de janvier. Le Parvis de Saint-Gilles s’enfonce peu à peu dans la torpeur, comme tous les jours à l’heure de l’apéro.