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Hausse de prix des matériaux : faut-il mettre son projet de construction en attente ?

La flambée des prix des matériaux de construction semble tenter certains candidats bâtisseurs de mettre leur projet en veille. Bonne ou mauvaise idée ? T.Palm a posé la question à deux experts.

Adops

T.Palm, entreprise générale de construction, a constaté que certains candidats bâtisseurs semblent hésiter à se lancer dans leur projet de construction en raison de la hausse des prix des matériaux. Une situation qui interpelle le constructeur.

Il faut dire que, selon une enquête de la Confédération de la Construction, en janvier, les prix des matériaux avaient enregistré une augmentation de 15 à 25% par rapport à novembre 2020. La crise du Covid a incontestablement marqué le secteur. Mais pas que !

Anne, ma sœur Anne…

En ce début d’année2022, les prix continuent invariablement leur ascension. Le bois, l’acier, le PVC, l’aluminium, mais également le ciment, les tuiles, les briques ou les isolants…, les prix semblent vouloir poursuivre leur folle ascension.

« Avec des prix de l'énergie — pétrole, gaz, électricité — qui ont véritablement explosé, l'inflation a atteint plus de 5% et le rebond attendu risque désormais d'être fortement impacté par la guerre en Ukraine et les sanctions à l'encontre de la Russie. L'incertitude pousse les investisseurs vers des valeurs refuges entrainant un repli des bourses, avec un risque de stagflation à la clé », souligne l'économiste Bruno Wattenbergh.

Une situation qui ne laisse entrevoir aucune amélioration à court terme et tend à confirmer des prix élevés dans la durée. Et si les prix de l’énergie restent élevés, les prix des matériaux qui nécessitent de l’énergie pour être produits le seront aussi.

Hausse de prix des matériaux : faut-il mettre son projet de construction en attente ?

(Philippe Beauthier, propriétaire des magasins CIPAC)

Impact sur le secteur de la construction

Notre second expert, Philippe Beauthier, propriétaire des magasins de matériaux Cipac, soulève un autre paradoxe en faveur de prix élevés: « Les chaînes de transformation ont été délocalisées en Chine ou en Europe de l'Est. Le bois ou la pierre bleue belges partent vers la Chine pour être transformés à moindre coût avant de revenir sur notre territoire ».

La demande importante pour certaines matières premières a elle aussi entretenu le déséquilibre au sein du secteur dans lequel certains matériaux viennent maintenant à manquer.

« Jusqu'à présent, les entrepreneurs ont baissé leur marge et font le gros dos afin de ne pas répercuter l'ensemble de ces coûts sur leurs clients » ajoute Philippe Beauthier. Chez T.Palm, à la signature de la mission d'étude, l'entreprise propose un devis avec une durée de validité de six mois. Ce devis garantit explicitement les prix jusqu'à une hausse des matières premières de 3%.

Bientôt le « Stop béton » wallon

Au-delà de la construction, c’est tout le secteur de l’immobilier et du logement qui est amené à se réorganiser.

« Depuis la crise sanitaire, dans certaines régions, les agences immobilières n'ont quasi plus de biens à proposer en location. C'est le cas en Brabant wallon, par exemple. Les gens ont tendance à sortir des villes. Pourtant, à l'horizon2040, la Région wallonne souhaite commencer à freiner l'étalement urbain au moyen de son programme Stop béton » prévient Bruno Wattenbergh

Un plan qui vise une limitation des espaces constructibles et va fort probablement entrainer une nouvelle structure de prix ainsi qu’une autre manière de bâtir.

Des taux d’intérêt qui restent bas

Si la situation peut inquiéter, il reste cependant des incitants fiscaux et financiers en faveur de la construction. L’accès à un premier bien immobilier est toujours avantagé fiscalement et à l’heure qu’il est les taux d’intérêt restent bas.

« En outre, le rendement de l'immobilier avoisine les 4% ces 30dernières années et il devrait rester dans cette tranche. Il ne faut pas négliger non plus que face à l'appauvrissement des pensions, le premier rempart est d'être propriétaire » rassure Bruno Wattenbergh.

Et à Philippe Beauthier de conclure: « La question de construire maintenant vaut donc la peine d’être posée, même s’il faut s’attendre à payer plus cher. Mais pour ne pas grever son budget, il reste toujours possible de faire des concessions et d’adapter son projet en renonçant à certaines finitions, par exemple ».