Les dernières classes de neige ?

Finies les fêtes, place aux classes de neige ! Quelque 15 000 enfants de la Fédération Wallonie-Bruxelles partiront vers la montagne dans les prochaines semaines. Après deux saisons d’abstention pour cause de Covid, ils pourront peut-être goûter aux joies de la glisse. Peut-être, car le réchauffement climatique a accéléré de manière effrénée la situation dans les régions montagneuses, qui sont plus touchées que les plaines par l’élévation des températures. Et beaucoup d’écoles risquent de se retrouver dans des pâturages avec des remontées mécaniques à l’arrêt. D’autant que ces classes de neige ne sont généralement pas organisées dans les stations de haute altitude, souvent hors de prix et qui n’ont d’ailleurs pas les infrastructures nécessaires pour accueillir de grands groupes d’enfants. Les stations habituellement plébiscitées par les écoles, qui tentent de proposer des budgets abordables, seront à l’avenir les premières à plier les télésièges. " Aux altitudes inférieures à 1 600 mètres, il n’y aura plus de neige d’ici dix à vingt ans " prévient Marie Cavitte, glaciologue à l’UCLouvain. Dans les années à venir la pratique du ski sera réservée à des personnes pouvant s’offrir des séjours dans des stations haut perchées qui devront sans cesse investir pour survivre. Pourquoi donc s’obstiner à envoyer des enfants goûter à une discipline qu’ils ne pourront bientôt plus pratiquer ?

Nathanaël Jacqmin
Personnel EdA - Nathanaël Jacqmin   © EdA - Jacques Duchateau
Personnel EdA - Nathanaël Jacqmin © EdA - Jacques Duchateau ©© EdA - Jacques Duchateau

D’autant que pour pouvoir skier aujourd’hui, la dépendance à la neige artificielle s’accentue. D’ici 2050, pour maintenir des conditions d’enneigement du fin du XXe siècle, il faudra un taux de couverture de 45% de neige de culture, estime Météo France.

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