Polémique du brassard "One Love": position intenable de la FIFA

C’est un petit brassard blanc. Il y est écrit en capitales "One love" (un seul amour). Juste à côté de ces mots, un cœur multicolore. L’idée: que ce bout de tissu soit porteur d’un message de diversité, soit le symbole de la lutte contre les différentes discriminations, notamment, envers les LGBTQ+.

Albert Jallet
Polémique du brassard "One Love": position intenable de la FIFA

Le problème survient quand ce petit brassard est passé autour du biceps d’un joueur de football. Et que ce joueur est capitaine d’une équipe disputant la coupe du monde de football, au Qatar.

Là, on ouvre la porte de l’incident diplomatique. Pourquoi ? Parce que le pays organisateur condamne les actes homosexuels, entre autres.

Conséquence, la FIFA, (Fédération internationale de football association) organisatrice du tournoi, décide tout simplement d’interdire le port de ce brassard parce que cela risque d’indisposer le pays hôte ! Des pourparlers avaient été entamés avec les pays initiateurs de cette idée il y a plusieurs mois d’ici mais la décision est tombée à la dernière minute avec sanction sportive à la clef.

La Fifa ne veut donc en aucune façon indisposer le pays organisateur. Même par un message de tolérance. Un comble.

Par ce comportement intolérant et intolérable, la Fédération internationale s’enferme dans une position intenable.

D’une part, elle ne peut qu’amplifier les réactions et l’attention qui sont portées sur elle mais aussi sur le pays qu’elle veut "préserver".

D’autre part, elle se place dans une position d’impuissance en voulant gommer toute trace politique de cette compétition internationale. Quelle sanction va-t-elle prendre contre les joueurs iraniens qui n’ont pas chanté l’hymne national ? Leur donner une carte jaune pour la prochaine rencontre ?

Non, le football ne vit pas indépendamment du monde qui l’entoure. Oui, ces compétitions demeurent des vitrines d’expression, et pas uniquement pour rentabiliser la visibilité des sponsors.

Le bouchon a été poussé un peu plus loin quelques minutes plus tard lorsqu’on a signifié à la Belgique qu’elle devait masquer le mot "love" qui figure sur son deuxième jeu de maillot.

Une chance qu’aucun pays participant n’arbore un drapeau national aux couleurs bannies.