Des antibiotiques plutôt que de l’aspirine

L’infirmière française qui travaille à Vivalia paye ses impôts en France. Cela lui permet de gagner environ un tiers de plus en net que si elle était imposée en Belgique (et donc que sa collègue belge, soit écrit en passant). Selon une convention passée récemment entre les deux pays, elle aurait dû payer ses impôts en Belgique dès le 1er janvier 2023. Conséquence : ces frontaliers français auraient pour la plupart quitté Vivalia tôt ou tard. Or, les Français représentent par exemple 30 % du personnel à Arlon. C’eût été la catastrophe assurée. Finalement, en raison d’un délai d’application trop court (et de pression), le changement est reporté d’un an. La formule à trouver par les politiques pour dribbler ou amender cette convention, moratoire comme pour le privé ou exception pour les métiers en pénurie, s’avère vitale. La solution pourtant ne sera jamais qu’un leurre. L’aspirine fait tomber la fièvre, mais ne guérit pas d’une maladie bactérienne. En l’occurrence, la cause fondamentale réside dans la différence d’imposition sur cette gamme de revenus entre les pays. Le député fédéral Benoît Piedbœuf l’a souligné avec raison. L’augmentation de la quotité exemptée d’impôts ne réglera pas tout. Une réforme fiscale serait sans doute plus efficace à terme qu’une rustine posée sur une chambre à air poreuse.

Daniel Lapraille
Daniel Lapraille redacteur en chef l'Avenir Luxembourg
Daniel Lapraille redacteur en chef l'Avenir Luxembourg