Une gifle à la liberté de la presse

Nos confrères de TVLux connaissent une période d’incertitude. Aux démissions du directeur et du rédacteur en chef s’ajoutent des difficultés budgétaires. Ce média public équilibre son budget en grosse partie grâce à un subside de l’intercommunale de financement Sofilux. La Province y va aussi de sa dotation et le sujet fut abordé lors du dernier conseil provincial. Il est sidérant de constater à quel point beaucoup de politiques ne comprennent pas l’indépendance d’une ligne éditoriale. Des élus provinciaux ont dénoncé et regretté l’absence de la TV régionale lors des conseils provinciaux. Ce n’est pas la première fois. Certaines réflexions mettaient carrément en balance la retransmission des débats et l’octroi d’un subside plus substantiel. Sidérant et inquiétant. Le choix éditorial de la rédaction de TVLux lui appartient et à elle seule. Nos confrères ont leurs raisons légitimes d’estimer qu’il ne s’avère pas pertinent de passer une demi-journée dans un hémicycle pour un sujet peu visuel, technique et réservé à une niche. Les contraindre à le faire moyennant un subside plus important serait une fameuse gifle à la liberté de la presse, dont ces mêmes politiciens se réclamaient quelques minutes auparavant. À moins d’acheter les heures de captation. Mais dans ce cas, on ne parle plus de la même chose. 

daniel Lapraille
Daniel Lapraille redacteur en chef l'Avenir Luxembourg
Daniel Lapraille redacteur en chef l'Avenir Luxembourg