Et ceux qui ne crient pas fort ?

« Il n’y a pas lieu de n’écouter que ceux qui crient fort ». C’est ce que communique la Commune de Schaerbeek ce 26 octobre suite à la 2e manif contre son plan Good Move. Pourtant, comme à Anderlecht fin septembre, la Cité des Ânes recule. « Ceux qui crient fort » ont arraché les nouveaux panneaux de circulation, les ont déposés comme un butin de guerre sur le seuil de la maison communale et sont rentrés chez eux tous klaxons hurlant. Les panneaux, Schaerbeek ne les replantera pas une deuxième fois. À Jette, où Good Move est dans les choux, riverains, cyclistes et associations manifestaient aussi mardi. Pour le retour du plan. Mais leur appel n’a eu aucune conséquence. Sans doute ne sont-ils pas de « ceux qui crient fort ». Même si poussettes et tricycles étaient à tous les coups de la manif.

Julien Rensonnet
Et ceux qui ne crient pas fort ?

D’aucuns, dans les rangs du PTB et du MR, se félicitent de voir "la rue" se reprendre au "jeu démocratique". On a même vu des représentants libéraux s’encanailler parmi les manifestants de Cureghem ou de la Cage aux Ours, voire poser avec un panneau "rue cyclable" arraché. Curieuse convergence de vues entre les défenseurs des petits salaires et ceux des propriétaires de SUV de la 2e couronne. Si rouges et bleus n’osent remettre en cause le besoin d’"apaiser" Bruxelles, ils se rejoignent sur leurs reproches à Good Move: un plan de technocrates, pensé par des "urbanistes bobos", imposé d’en haut aux quartiers populaires qui ne sont pas consultés.