Un pays au bord de l’abîme

La mission royale belge au Congo s’achève aujourd’hui, après presque une semaine à sillonner le pays, des rues bondées de Kinshasa aux villages du Haut-Katanga, en passant par la zone sous tension de Bukavu (nord-est). Pour cette visite historique (la première du roi Philippe), on ne pourra en tout cas pas reprocher à la délégation belge (ainsi qu’au pouvoir congolais) d’avoir fait les choses à moitié. Entre l’aide au développement, la santé, la biodiversité ou encore la sécurité, les deux pays ont mis les bouchées doubles afin de présenter l’image d’une relation apaisée et optimiste, qui n’oublie pas son passé douloureux mais garde les yeux tournés vers l’avenir, pour reprendre un message matraqué en boucle au cours de ces derniers jours.

Clément Boileau
Un pays au bord de l’abîme

Ce vœu de coopération réussie dans les années à venir va toutefois être mis à rude épreuve ces prochains mois. Côté congolais, le pays doit impérativement sortir de l’ornière économiquement désastreuse dans laquelle il se trouve: plus de la moitié de la population du pays, qui compte une centaine de millions d’habitants, vit dans l’extrême pauvreté. En milieu rural, selon les données de la Banque mondiale, moins de la moitié (46%) des gens ont accès à une source d’eau potable. Dans le nord-est du pays, des groupes armés attisent les braises d’un conflit ouvert avec le voisin rwandais, et personne, d’un côté comme de l’autre, ne semble disposé à rouvrir la porte d’une nécessaire diplomatie.