La Petite Foire, mais pas à n’importe quel prix

Cette année 2022 salue le retour en force de la Foire agricole de Libramont. Par contre, son arrière-petite cousine par alliance, la Petite Foire de Semel, fera l’impasse. Créée il y a plus de dix ans par le Mouvement d’action paysanne, celle-ci se veut alternative, organisée autour de rencontres militantes et prônant le retour à une agroécologie. Mais elle, qui s’oppose à une certaine mondialisation économique et libérale, a grandi tellement vite qu’elle risquait de se perdre dans des intérêts qu’elle comptait justement dénoncer. Le marché presque confidentiel de la première heure s’est mué au fil des saisons en une… Foire visitée par presque dix mille personnes, parfois les mêmes que la grande Foire d’ailleurs. Le cheval de trait en démonstration et les trois pots de confiture artisanale à prix coûtant ont vite fait place à une logique de rentabilité. L’évolution fut telle que les organisateurs ont mis un sérieux coup de frein au tournant trop mercantile à leurs yeux que prenait la manifestation. L’année passée, profitant de la pandémie, cette manifestation est redevenue essentiellement un lieu de rencontre et de réflexion dans les fermes écoles du MAP partout en Wallonie. La Petite Foire entend retrouver son objectif premier qui était « non pas de vendre, mais de partager ».

Daniel Lapraille
Daniel Lapraille redacteur en chef l'Avenir Luxembourg
Daniel Lapraille redacteur en chef l'Avenir Luxembourg

Mais pas à n’importe quel prix.