Dialogue de pauvres

Dix mille profs selon la police, quinze mille selon les organisateurs, mais peu importe le nombre exact : la mobilisation observée dans les principales artères de Liège ce jeudi était impressionnante. Surtout, elle nous a permis de constater deux choses.

Dialogue de pauvres
Romain Veys

Premier constat: la colère continue de monter. Ils n’étaient en ce sens certainement pas moins nombreux que les dix mille profs et autres membres des personnels de l’école venus chanter trois mois plus tôt leurs revendications sous les fenêtres de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais la mélodie a changé.Et le ton s’est durci. Les édiles syndicaux nous l’avaient d’ailleurs annoncé: " Face à l’absence de réponse, les gens se cabrent ". C’est ce que l’on a pu observer. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à réclamer ni plus ni moins que la fin stricto sensu du Pacte d’excellence; une revendication loin d’être partagée par l’ensemble du secteur, mais une revendication qui doit sonner comme une mise en garde pour le gouvernement. Ce dernier semble d’ailleurs l’avoir compris. Pour preuve, il s’est lui-même déplacé ce jeudi à Liège, histoire de rencontrer les syndicats au terme de leur grande procession, tout en prenant soin de ne pas arriver les mains vides. Il s’agit là du second constat: le gouvernement se dit – et se montre donc – conscient de la gravité de la situation. Les propositions nouvelles mises sur la table pour " apaiser le climat social " tendent d’ailleurs à le démontrer. Mais seront-elles suffisantes, ne serait-ce que pour renouer un véritable dialogue? On en doute…