Une victoire à la Pyrrhus

C’est vachement bien, les Français sont (toujours) Européens : Emmanuel Macron repart donc pour un tour après avoir battu, ce dimanche, sa rivale d’extrême droite Marine Le Pen, au second tour de l’élection présidentielle. L’Hexagone peut souffler un coup : l’élection de cette dernière aurait été un cataclysme non seulement pour la France, mais aussi pour l’Europe. Alors que les combats font toujours rage en Ukraine, l’arrivée d’une alliée objective de Vladimir Poutine à l’Élysée avait de quoi inquiéter. Ce ne sera pas le cas, et c’est tant mieux : en ces temps plus que troublés, l’Europe a besoin d’unité et la candidate n’envisageait que la discorde, en sortant la France d’un certain nombre de traités européens cruciaux.

La Rédaction de L'Avenir
Une victoire à la Pyrrhus

Pour autant, la victoire obtenue par Macron ne doit pas masquer le rejet dont ce dernier fait l’objet, y compris parmi les électeurs qui lui ont permis de l’emporter dimanche. La crise des gilets jaunes, jugulée dans le sang, a annoncé un quinquennat marqué par une pandémie gérée cahin-caha et une guerre aux portes de l’Union qui a permis à Macron d’occuper le devant de la scène sans avoir à défendre bec et ongles un programme aux teintes fortement libérales. Le débat de l’entre-deux-tours a rappelé à quel point Macron pouvait se montrer hautain, à l’image de certains propos tenus lors de son premier quinquennat. Parmi les derniers « de cordée » , qui aux yeux du président « ne sont rien » , ou qui n’ont pas trouvé de boulot « en traversant la rue » , il en est certainement qui ont voté pour lui parce qu’ils refusent de voir leur pays appliquer une politique ouvertement xénophobe, et non parce qu’ils approuvent pleinement son projet.

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