La double peine du « people »

Comme chaque samedi, retrouvez le commentaire de Daniel Lapraille, chef d’édition de l’Avenir Luxembourg.

Daniel Lapraille
Daniel Lapraille redacteur en chef l'Avenir Luxembourg
Daniel Lapraille redacteur en chef l'Avenir Luxembourg

Chaque étape d’une lente procédure judiciaire le replace sous les feux de l’actualité. Dimitri Fourny et les autres inculpés de ce dossier devront s’expliquer devant le tribunal correctionnel. Il leur est reproché d’avoir peu ou prou participé à un trafic de procurations lors des élections communales de 2018. L’enquête a braqué tous les projecteurs sur la personne la plus médiatique des prévenus, le député régional cdH à l’époque, chef de groupe et ex-bourgmestre de Neufchâteau. En dehors de toutes considérations morales et/ou légales, ce dossier est exemplatif de ce qu’endure tout «people» dans pareilles circonstances. Ainsi, avant même que la décision soit coulée en force de chose jugée, le prévenu a fait et fera la Une des médias des dizaines de fois. Plus encore dans ce cas précis, du fait des deux aspects du dossier, administratif, avec l’invalidation des élections, et judiciaire. Son retrait complet de la politique ne change rien à l’action judiciaire ni à son suivi dans les médias. Toujours présumé innocent comme tous les prévenus avant leur jugement, le «people» doit encaisser de toute façon un opprobre public. L’ignominie le marquera à jamais, quand bien même une issue heureuse scelle son dossier, ou s’ajoutera à la peine finale s’il y en a une au bout du compte. Une double peine en quelque sorte.