Chacun pour soi

Une gifle? Au-delà du catastrophique message qu’elle véhicule, la décision de Xavier Bettel d’ouvrir au public, toutes choses restant égales, les terrasses des restaurants et bars, dès le 7 avril au Grand-Duché heurte le secteur horeca luxembourgeois.

Chacun pour soi
©EDA Claudy Petit
Daniel Lapraille

Cet assouplissement répond sans doute à la volonté du Premier ministre grand-ducal de crier urbi et orbi que le Grand-Duché se porte bien, qu’il revit. Car dans les faits, cette déclaration joue avant tout l’effet d’annonce. Ouvrir les terrasses jusqu’à 18 h exclut de facto les apéros ou les repas en soirée. Cela limite fameusement l’assouplissement, mais en garde le nom. La décision politique du Grand-Duché recèle un danger pour le pays lui-même puisqu’il y crée un d’appel d’air pour les Belges et les Français de la Meurthe-et-Moselle, là où les situations sanitaires sont davantage compliquées. Bettel a sans doute estimé que le bénéfice politique s’avérait plus important que le risque. Car il ne faut pas s’y tromper. Même si le Belge ne peut aller en terrasse au Grand-Duché, il sait qu’au final il n’y risque rien. La police grand-ducale ne fera pas respecter la loi belge sur le sol grand-ducal. Interpellant également, le manque de cohérence des mesures prises de part et d’autre des frontières. Ne parlons même pas d’Europe, mais simplement de Grande Région, dont on nous rebat les oreilles à intervalles fixes. Où est-elle? ll n’y a eu pour l’occasion ni concertation ni même échanges. On a beau tenir toutes les grand-messes du monde basées sur la méthode Coué, cette solidarité des régions ne résiste pas au révélateur d’une crise qui débouche sur le «chacun pour soi».