Inoccupé, le bureau de Marine Le Pen au Parlement européen sera prêté à une famille de réfugiés

Avec l'afflux continu de réfugiés, d'autres bureaux inutilisés vont être réquisitionnés à Bruxelles. Par exemple, celui des parlementaires européens qui ne viennent quasi jamais siéger.

Xavier Diskeuve
Inoccupé, le bureau de Marine Le Pen au Parlement européen sera prêté à une famille de réfugiés
Inoccupé, le bureau de Marine Le Pen au Parlement européen réquisitionné pour une famille de réfugiés ©Bureau

Depuis que l'établissement est ouvert 24 heures sur 24, il n'y a soudain plus que 300 places disponibles au WCT 3 alors qu'on parlait de 500 au départ. Et le camping du parc Maximilien est saturé.

Vu l'afflux persistant des réfugiés et compte tenu de ce que les capacités d'inscription de l'Office des étrangers sont toujours limitées à 250 personnes par jour, il faut trouver d'autres lieux d'hébergement.

Le collectif gérant l'accueil des réfugiés a donc eu l'idée de réquisitionner une série de locaux peu ou pas occupés dans de grandes institutions bruxelloises.

Invité à contribuer, le Parlement européen a voulu montrer l'exemple. Il a remis une liste de bureaux disponibles, ceux des eurodéputés qui ne viennent quasi jamais à Bruxelles. Des bureaux confortables, précisons-le, puisqu'équipés d'un lit et d'une douche.

Parmi ceux-ci, le bureau de Marine Le Pen, très accaparée par ses activités de présidente du FN en France (c'est à ce titre qu'elle participait lundi à un colloque du Vlaamse Belang) et fort peu présente à Bruxelles.

Elue depuis 2009, elle est d'ailleurs classée par le site VoteWatch (qui scrute le travail des eurodéputés), comme la 13e plus mauvaise élue en terme d'assiduité (sur 751 parlementaires).

Elle n'a assisté qu'à un peu plus de deux tiers des séances plénières durant son mandat 2009-2014. Elle n'a posé que 3 questions, a déposé seulement 4 propositions de résolution, aucun avis, ni rapport, ni déclaration écrite.

Il y a donc pour l'instant plus de poussière que de dossiers dans le bureau bruxellois de Marine Le Pen, qui ne devrait pas y mettre les pieds avant plusieurs semaines (voire plusieurs mois). Au cas où elle voudrait soudain siéger, elle a de toute façon un autre "eurobureau" à Strasbourg.

Le bureau de l'eurodéputée "fantôme" sera donc disponible dès ce week-end. Une famille de 4 personnes pourrait y loger à l'aise.

La Commission européenne voit d'un bon oeil ce geste d'ouverture, qui permettra à de nombreux eurodéputés de voir de près des réfugiés et peut-être même d'échanger avec eux.

Au point que son président Jean-Claude Juncker en personne accueillera les réfugiés avec, au choix, la bise ou la petite tape sur la joue qu'il impose habituellement à ses hôtes.

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